jeudi 7 juillet 2011

Editorial / Une presse au service des idéaux nouveaux

S’il est un mensonge dont s’est rendu coupable l’ancien régime, c’est bien celui qui a entouré les médias et la prétendue « sollicitude » dont elle faisait soit disant l’objet de la part de sa non moins prétendue « excellence », le président déchu. Ce que nous avons réellement vécu durant cette période révolue, nous les journalistes, c’est une situation de tutelle maintenue dès lors qu’il s’agissait de questions sensibles touchant la vie politique et citoyenne. Ce qui interdisait le moindre sentiment que nous étions des acteurs véritables dans le devenir de notre pays.
Aussi les lois qui régissaient le domaine de la presse, aussi bien au niveau du code qui lui était consacré que de l’ensemble des autres dispositions, sont-elles les premières à mériter d’être mises au rencart et remplacées. Il convient en tout cas qu’elles répondent désormais aux exigences les plus importantes, d’abord de la révolution et de ses idéaux en termes de dignité et de liberté, ensuite de la transition démocratique et de ses attentes en matière d’équité vis-à-vis des nouveaux acteurs politiques et d’accompagnement des changements qui surviennent au niveau de nos institutions.
Un nouveau Code de la presse est en cours d’élaboration actuellement. S’il est naturellement appelé à définir un cadre à l’activité journalistique et à tracer les limites au-delà desquelles le journaliste cesse d’honorer sa vocation pour se livrer à des agissements qui portent atteinte à autrui, il lui appartient surtout de soutenir la prise en charge par la profession elle-même de la déontologie, c’est-à-dire de son code éthique interne.
A travers son syndicat qui a récemment renouvelé son bureau, la revendication qui consiste à faire porter à la profession elle-même la responsabilité d’assurer la bonne conduite des journalistes dans l’exercice de leur métier s’est faite plus claire et plus insistante. On le perçoit à travers son projet de mise en place d’un Observatoire de la déontologie, pour lequel un appel à candidature a été lancé à l’adresse des journalistes, mais aussi et surtout à travers l’invitation faite aux membres afin de constituer des comités de rédaction au sein des entreprises qui les emploient : comités qui seraient autant de structures de réflexion, mais surtout de veille, sur les questions à la fois éditoriales et déontologiques.
Une chose est sûre : c’est en servant la société tunisienne dans son passage vers un mode plus évolué de son existence politique que la presse tunisienne accomplit sa propre mutation et s’octroie pour elle-même les titres de gloire grâce auxquels elle pourra effacer l’humiliation du passé.
Ajouté le 07-07-2011