Editorial
Non, ne « circulez » pas !
Une chose est heureuse dans ce pays qui est le nôtre‑: nous savons convertir nos désaccords en débats qui nous rapprochent. Il y a toujours cette part de bonne volonté qui arrive quand tout semble désespéré et qui sauve la mise.
Cette vérité, qui fait aussi office de souhait, vient à l’esprit quand on considère les derniers développements relatifs à la Commission de la réforme politique. On la savait critiquée de-ci de-là parce que, faisait-on valoir, elle accaparait le processus de décision devant mener aux changements de nos textes législatifs qui régissent la vie politique dans notre pays. Il y a certainement quelque chose de fondé dans cette critique, même si la commission en question se défendait, non sans raison, en arguant du fait que son travail repose essentiellement sur la concertation et qu’elle est ouverte à toutes les contributions et propositions émanant de la société civile et des formations politiques. Pourquoi il y a quelque chose de fondé ? Parce que la révolution, c’est le peuple qui l’a faite : ce n’est aucune structure constituée. C’est vous lecteur autant que moi qui écris ces lignes et, pas moins que nous, ce concitoyen qui attend du travail à Kasserine, Gafsa, Thala ou ailleurs, ses parents aussi qui se disent amèrement qu’ils n’ont pas fait tous ces sacrifices au service de son instruction pour le voir ainsi désœuvré, c’est encore l’ouvrier dans son usine, le paysan sur sa parcelle : tous ont vibré d’un même mouvement pour clamer le droit à la liberté et à la dignité, tous ont dit non, plus de dictature, quel qu’en soit le prix‑! Et tous ces gens qui forment le peuple ont le droit d’avoir part à la décision, et de ne pas avoir le sentiment qu’on vienne leur dire‑: ça y est, votre mission est terminée, laissez maintenant les experts vous confectionner les lois qui vous iront; eux savent, pas vous… Allez, circulez‑!
Cette raison, disions-nous, il est heureux qu’elle ait été entendue et que la Commission de la réforme politique ait décidé de mettre en place un forum qui permette à tous les Tunisiens qui le désirent de prendre part au débat, de ne pas "circuler"‑! Mais il est heureux surtout que, face aux accusations, dont certaines sont tout à fait injustes, le choix n’a pas été celui de la crispation, mais d’une sorte de surenchère dans le positif, dans l’ouverture… Il ne s’agit pas ici de tresser des lauriers à cette commission, ce qui ne serait sans doute pas la servir, d’autant que l’effort d’ouverture est peut-être à poursuivre, mais on peut bien se féliciter de ce réflexe salutaire qui, face à la défiance, répond par l’espérance.
Cette vérité, qui fait aussi office de souhait, vient à l’esprit quand on considère les derniers développements relatifs à la Commission de la réforme politique. On la savait critiquée de-ci de-là parce que, faisait-on valoir, elle accaparait le processus de décision devant mener aux changements de nos textes législatifs qui régissent la vie politique dans notre pays. Il y a certainement quelque chose de fondé dans cette critique, même si la commission en question se défendait, non sans raison, en arguant du fait que son travail repose essentiellement sur la concertation et qu’elle est ouverte à toutes les contributions et propositions émanant de la société civile et des formations politiques. Pourquoi il y a quelque chose de fondé ? Parce que la révolution, c’est le peuple qui l’a faite : ce n’est aucune structure constituée. C’est vous lecteur autant que moi qui écris ces lignes et, pas moins que nous, ce concitoyen qui attend du travail à Kasserine, Gafsa, Thala ou ailleurs, ses parents aussi qui se disent amèrement qu’ils n’ont pas fait tous ces sacrifices au service de son instruction pour le voir ainsi désœuvré, c’est encore l’ouvrier dans son usine, le paysan sur sa parcelle : tous ont vibré d’un même mouvement pour clamer le droit à la liberté et à la dignité, tous ont dit non, plus de dictature, quel qu’en soit le prix‑! Et tous ces gens qui forment le peuple ont le droit d’avoir part à la décision, et de ne pas avoir le sentiment qu’on vienne leur dire‑: ça y est, votre mission est terminée, laissez maintenant les experts vous confectionner les lois qui vous iront; eux savent, pas vous… Allez, circulez‑!
Cette raison, disions-nous, il est heureux qu’elle ait été entendue et que la Commission de la réforme politique ait décidé de mettre en place un forum qui permette à tous les Tunisiens qui le désirent de prendre part au débat, de ne pas "circuler"‑! Mais il est heureux surtout que, face aux accusations, dont certaines sont tout à fait injustes, le choix n’a pas été celui de la crispation, mais d’une sorte de surenchère dans le positif, dans l’ouverture… Il ne s’agit pas ici de tresser des lauriers à cette commission, ce qui ne serait sans doute pas la servir, d’autant que l’effort d’ouverture est peut-être à poursuivre, mais on peut bien se féliciter de ce réflexe salutaire qui, face à la défiance, répond par l’espérance.
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