LA date du 24 juillet a longtemps été admise comme allant de soi pour l’organisation de l’élection de l’Assemblée constituante, alors même que beaucoup savaient qu’elle serait difficile à respecter. Puis des voix se sont fait entendre de-ci de-là disant que l’on s’acheminait fatalement vers un report. Les raisons sont essentiellement techniques, mais il est certain que le report peut faire l’affaire des uns au détriment des autres. Les partis nouveaux et peu connus ont généralement intérêt à ce que la période qui les sépare de la date du scrutin soit la plus longue possible pour leur permettre de se faire connaître. D’autres considérations peuvent sans doute entrer en ligne de compte qui font qu’un parti va trouver tel avantage ou au contraire tel inconvénient selon que l’on se place dans l’hypothèse du maintien ou dans celle du report.
Dans tous les cas de figure, il pouvait sembler malgré tout que les raisons techniques, qui ont trait aux conditions de l’organisation, pouvaient entraîner finalement l’accord de tous, étant entendu que personne ne peut souhaiter que cette première élection honnête et transparente de notre histoire moderne puisse se dérouler dans un contexte de confusion et de désordre. Ce qui pourrait d’ailleurs avoir des retombées sur la crédibilité même de ses résultats. C’est sans doute consciente de ce risque, du reste, que la Haute instance indépendante pour les élections a fini par exprimer clairement sa position en faveur du report.
Toutefois, et certaines parties n’ont pas manqué de le faire remarquer, le report de la date de l’élection a un coût, et ce coût n’est pas négligeable. Cela renvoie à cet état de flottement dans lequel le pays se trouve actuellement et qui empêche la mise en œuvre de tout programme afin de répondre à l’urgence de la situation économique et sociale, tout en perpétuant aussi une situation de baisse de la légalité dans la vie publique. Tant et si bien que la proposition s’est exprimée sur la scène politique qui appelle à une mobilisation exceptionnelle afin de préparer les élections en maintenant la date initiale du 24 juillet.
Le gouvernement, qui avait choisi dans un premier temps de prendre le contrepied de la Haute instance pour les élections, s’est ravisé finalement et opte pour un débat qui permettrait de déboucher sur un consensus. Si cette position exprime la volonté de ne pas endosser la responsabilité de l’une ou l’autre des deux options en raison des conséquences à redouter dans chacun des cas, le principe d’une large discussion qui implique les citoyens sur la question de la date des élections n’est pas en soi une mauvaise chose. Elle permet en tout cas aux partis d’intervenir comme acteurs et comme animateurs de ce débat. Donc de se faire connaître… Et aux citoyens de faire l’épreuve des choix cornéliens dans la gestion libre des affaires qui engagent notre destin commun... Mais, bien sûr, que cela ne serve pas au gouvernement de prétexte pour se dérober à l’obligation de décider au bon moment !
Ajouté le : 30-05-2011
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