lundi 6 juin 2011

Editorial / Face à la violence tribale…

Les événements tragiques de Métlaoui ne sont pas directement liés à la révolution. Ils ne comportent pas de revendications politiques. Ils relèvent plutôt, c’est assez clair, d’un phénomène de résurgence de réflexes tribaux qui sont précisément aux antipodes du comportement citoyen qui s’est illustré tout au long de la marche glorieuse du peuple tunisien vers sa propre liberté. S’il existe un lien, il réside dans le fait que cette période transitoire qui sépare la chute de la dictature de l’instauration d’un nouveau pouvoir démocratiquement élu est une période propice à toutes sortes de dépassements. Il s’agit bien en effet de dépassements, même s’ils sont ici d’une gravité hors du commun…
Pour lors, l’urgence est de ramener le calme, à la fois dans la ville et dans les esprits. Mais on relèvera quand même que les politiques mises en œuvre depuis l’indépendance afin d’étouffer le tribalisme ont montré leurs limites : limites qui sont certainement celles aussi des politiques de développement régional.
Mais c’est désormais une donnée avec laquelle il convient de composer : d’abord pour prévenir de nouveaux incidents et, ensuite, pour tenter de dépasser cet aspect rétrograde de notre existence politique en prenant d’autant plus appui sur notre sentiment d’appartenance à une entité plus globale et plus généreuse qui est la patrie.
Bien sûr, on ne manquera pas de s’étonner du caractère intempestif de ces incidents. Il y a une distorsion formidable entre le mouvement qui a conduit le peuple tunisien vers une révolution qui est et qui demeure pour longtemps l’actualité mondiale de cette décennie nouvelle et, d’un autre côté, cette violence débridée entre familles pour de sombres histoires de soupçons autour de recrutements, et auxquels il était possible de répondre d’une infinité d’autres manières avant d’en arriver à ces extrémités insensées.
Mais, passé l’étonnement, ce qui s’impose à l’esprit c’est que, à travers une politique de développement de nos régions qui exprime cette fois la volonté engagée du peuple, et non pas seulement les calculs d’un dictateur, il nous faudra dans le futur venir vraiment à bout de ces résidus de tribalisme et faire triompher de nouvelles méthodes de gestion des conflits chez nos concitoyens.
Ajouté le 06/06/2011

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