jeudi 21 avril 2011

Conférence de presse du président Mahmoud Abbas - Des négociations sur deux fronts

Le président palestinien Mahmoud Abbas a donné une conférence de presse mardi en soirée à Gammarth, dans la résidence réservée aux hôtes officiels de la Tunisie. Une occasion qui a permis de faire le tour des sujets de l’heure, à travers les questions posées par les journalistes. Et en premier lieu celui qui porte sur ce qui se passe en Tunisie, que le président palestinien salue comme l’expression de la volonté du peuple. Mais il précise que, sur ce qui s’est passé en Tunisie comme sur ce qui se passe à l’échelle du monde arabe, la position palestinienne consiste à s’en tenir essentiellement au dossier palestinien : l’unité palestinienne, le rapprochement entre les deux entités politiques, les négociations… Mais, ajoute-t-il, le souhait est que tout se termine pour le bien des peuples arabes.
Où en sont les discussions avec le gouvernement Hamas de Gaza afin de sortir de l’état de division, conformément à ce qui a été exprimé d’ailleurs par la rue palestinienne, par les jeunes ? A ce sujet, le président palestinien a rappelé les pas effectués en direction du Hamas afin que soit constitué un nouveau gouvernement d’union et, dans la foulée, que soient préparées rapidement des élections législatives et présidentielle – présidentielle à laquelle, dit-il, il ne se présenterait pas. Il a souligné que cette proposition a reçu l’aval d’un grand nombre de pays, qui l’ont approuvée, mais que la réponse de la partie adverse ne venait pas, ni dans un sens ni dans l’autre. «Me rendre à Gaza dans ces conditions risque de créer un problème au lieu d’en résoudre», a-t-il ajouté.
Le président Abbas précisera encore ce point lorsqu’il a été interrogé sur la situation en Syrie et sur le risque de retombées sur l’état des négociations interpalestiniennes… Retombées dont il dit rapidement qu’il ne sait pas s’il en existe. En revanche, il affirme que, de source syrienne, et concernant la proposition en direction du Hamas, les dirigeants à Gaza «ne veulent pas d’élections».
Cette proposition n’est-elle pas tardive, ainsi qu’on le suggère dans la salle, et comme issue de la pression de la rue ? On pourrait le croire, affirme Mahmoud Abbas, qui assure cependant que le projet de proposition faisait l’objet d’une réflexion depuis trois mois. «Des échos parvenaient de moi disant que j’avais le désir de me rendre à Gaza». Il fait également valoir que la proposition, faite mi février, suivait immédiatement les revendications populaires, par un effet de coïncidence autant que pour répondre aux demandes de la rue.
Le président palestinien est également revenu sur l’épisode de la résolution présentée devant le Conseil de sécurité pour obtenir l’arrêt des colonisations israéliennes et sur le veto américain bien que, dira-t-il, le texte se soit appuyé sur une phrase prononcée par Hillary Clinton elle-même. Il a évoqué l’initiative européenne qui s’est mise en place en février dernier suite à cet épisode, avec tout d’abord un trio constitué du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, mais auquel se sont joints deux autres pays.
Une prochaine étape consiste à présenter la demande devant l’Assemblée générale des Nations unies. «J’ai le soutien de quelque 140 pays, mais même 100 pays, 90 pays, permettraient d’obtenir un vote», indique Mahmoud Abbas.
A propos de révolte contre l’occupation, d’une troisième «intifadha», le président palestinien a déclaré qu’il la soutiendrait si elle survenait, à condition cependant qu’elle ne soit pas armée comme le fut la seconde. Sur ce terrain comme sur celui de la possibilité d’un règlement du conflit par les armes à travers une coalition arabe, le président Abbas confirme qu’il est résolument l’homme des solutions non armées.
Signalons enfin que la visite de Mahmoud Abbas a permis d’aborder la question des archives consacrées à Yasser Arafat, mais aussi de conclure des accords pour l’échange de terres en vue de la mise en place d’ambassades… D’autres accords sont en vue qui attendent cependant la période ultérieure de notre transition démocratique, celle de l’élection de l’Assemblée constituante.
Auteur : R.S.
Ajouté le : 21-04-2011

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