lundi 18 avril 2011

Editorial - Les forces de l’Etat au service de la dignité

La révolution du 14 janvier dernier, qui a ouvert une page nouvelle dans l’histoire de notre pays, est très certainement aussi une révolution pour l’ensemble des corps qui ont en charge la sécurité des personnes et des biens sur notre territoire. On pourrait trouver cette affirmation étrange, car ce sont les mêmes personnes et les mêmes biens qu’il s’agit de protéger, de façon efficace… Sauf que les personnes ont changé de statut : en se libérant du dictateur, leur citoyenneté n’est plus une dénomination comme une autre, c’est un acquis porté fièrement, une responsabilité qui incombe à chaque individu dans le moindre de ses gestes quotidiens. Ce qui signifie que la protection dont il jouit ne saurait plus être synonyme de telle ou telle forme de tutelle, mais qu’elle vise justement à préserver cette citoyenneté nouvellement acquise.
Les forces de sécurité, en défendant les personnes et les biens, ont principalement en charge la défense de la citoyenneté du Tunisien. Or cela engage une transformation profonde des approches, qui suppose que soient délaissées toutes formes d’intimidation et de dégradation des personnes pour obtenir d’elles qu’elles respectent la loi. Cela suppose aussi que le respect de la loi revête par ces forces de sécurité une dimension exemplaire. Et que, en d’autres termes, ces forces de sécurité passent du rôle de bras armé de la dictature, dans sa dimension aussi bien répressive que paternellement tutélaire, à celui de garante de la dignité des personnes.
La journée que nous célébrons aujourd’hui, qui mettra les forces de sécurité à l’honneur, et qui le fera pour la première fois depuis la révolution, aura assurément la mission de marquer ce changement de cap et d’esprit dans la façon dont ce corps de métier envisage désormais son travail. Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à ce que les habitudes se transforment d’un coup, mais il est bon que, dans son ampleur, cette transformation soit indiquée, ne serait-ce que comme un horizon à conquérir. Il y va, en réalité, du salut de notre révolution, que le citoyen sente que ce pour quoi il s’est battu, l’Etat met en œuvre ses forces pour le protéger : sa dignité de personne contre tout avilissement possible.
Ajouté le : 18-04-2011

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