lundi 15 août 2011
Editorial / Forces de sécurité et enjeux syndicaux
SI l’ancien régime se caractérisait essentiellement par son système policier, grâce auquel il gouvernait en muselant les libertés, il est tout à fait normal que sa chute entraîne avec lui toute une révolution de l’ensemble des structures propres aux forces de sécurité. Cette révolution est en réalité un long processus auquel nous assistons et qui explique assurément le fait que la situation sécuritaire dans le pays demeure aujourd’hui encore relativement aléatoire.
Parmi les mesures qui ont déjà été prises figure par exemple la suppression des services liés à la police politique. On sait aussi que beaucoup de responsables qui étaient en poste avant la révolution ont été assez rapidement remplacés. Par ailleurs, des stages sont mis en place en vue de permettre aux agents de s’initier à de nouvelles approches qui intègrent de façon plus sérieuse certaines normes de respect des personnes.
D’autres changements sont survenus qui exprimaient plus spécialement une volonté de la profession elle-même. Il s’agit surtout ici, chose qui aurait été proprement inconcevable sous l’ancien régime, de la création de syndicats chargés de défendre les intérêts de tel ou tel corps des forces de sécurité. Il en existe d’ailleurs plus d’un à l’heure actuelle, tant et si bien que, le 6 août dernier, une réunion de ces différents syndicats a eu lieu à Nabeul au terme de laquelle il a été décidé de créer une union des syndicats élus des forces de sécurité. Ce qui, du reste, est désormais chose faite depuis vendredi dernier : cette union existe et devrait conférer une plus grande structuration à ces syndicats qui ont vu le jour dans un certain désordre.
Bien sûr, grâce à cette protection syndicale, on peut s’attendre à ce que des revendications s’expriment et s’ajoutent à celles qui existent déjà. On peut espérer cependant que l’union qui vient d’être créée saura donner à ces revendications l’attribut de la raison et de la modération. Mais ce qu’il faut ajouter à ce propos, c’est que des forces de sécurité qui se sentent protégées dans leurs droits seront d’autant plus disposées, on peut du moins le penser, à prendre en considération le droit des concitoyens et à mener leur mission de maintien de l’ordre et de la paix civile dans le respect des personnes et de leur dignité. Etant entendu que d’autres transformations sont encore à venir qui sont de nature à achever le processus dans le sens d’une société à l’intérieur de laquelle les forces de sécurité sont réellement perçues comme étant au service du citoyen.
Ajouté le : 15-08-2011
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire