lundi 19 septembre 2011

Bulletin / Une course ouverte, malgré tout

A un peu plus d'un mois de l'échéance, tout le monde est un peu nerveux. Le tirage au sort de l'échéancier de la campagne, qui a eu lieu il y a quatre jours, a mis les candidats en ordre de préparation à la bataille. Durant les trois semaines qui précèdent le 23 octobre, nos concitoyens vont avoir l'opportunité de mettre enfin un visage sur chacun des partis et sur chacun des candidats en lice : ils vont recueillir des messages auprès des uns et des autres... Des messages quant au contenu, par les propositions qui vont être exposées, mais des messages aussi quant à la forme, par la façon de les présenter, le type de langage choisi et tous ces détails qui comptent dans la diction, la tenue vestimentaire, le naturel de la prestation... Pour une fois, tous ceux qui auront cru en leurs chances de représenter le peuple tunisien au sein de la Constituante auront eu la possibilité de soigner leurs discours et la façon de le faire parvenir au public sans avoir le sentiment que la cause est perdue.
On se souvient des anciennes campagnes électorales et des conditions affreusement inéquitables que les vrais partis d'opposition avaient à supporter pour ne pas subir l'éclipse politique pure et simple. Aujourd'hui, c'est vrai que les chances sont inégales, mais tout est jouable et il est permis à chacun d'espérer et de forcer le destin si les mots sonnent juste, si le message fait mouche et si la manière de le porter parvient à conquérir l'adhésion et la sympathie. Chacun peut se dire : pourquoi pas ?! Qui peut empêcher le Tunisien et la Tunisienne de m'accorder son suffrage si le charme opère ?
Qui peut dire que le "casting" politique auquel nous allons avoir droit ne va pas nous réserver de belles et fortes surprises ? Bien sûr, le choix du mot "casting" ne doit pas nous abuser : chacun aura à bien faire la part des choses et à ne pas donner trop d'importance à la dimension esthétique. Les gens auxquels il s'agit d'accorder sa préférence ne seront pas là pour nous plaire en raison de leur prestance ou de leur élégance, ils ne vont pas nous divertir : ils vont décider avec d'autres des fondements juridiques de notre nation. Ils doivent donc en avoir les compétences et, en tout premier lieu, le sens de l'enjeu. S'il est des apparences à retenir, c'est celles qui expriment de telles capacités, et non pas les autres.
Or ces capacités, précisément, ne sont pas le privilège de ceux qui arrivent à grands renforts de moyens ni de ceux qui ont beaucoup de titres à faire valoir en raison de leur passé ou de leur héritage de sacrifices. Convaincre, on peut le faire en un laps de temps très court... Puis laisser le citoyen poursuivre son investigation, glaner sur Internet le reste des informations utiles qu'on aura pris soin de préparer à son intention... Un travail également indispensable, pour accrocher, ne pas laisser le citoyen être happé par d'autres images, piégé par d'autres charmes.

Auteur : Raouf SEDDIK
Ajouté le : 19-09-2011

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