mardi 13 septembre 2011

Pour le PDP, c'est le texte qui est illégal

C'est vers une bataille juridique, et politique aussi, que l'on s'achemine, semble-t-il, autour des dispositions interdisant la publicité aux partis à partir du 12 septembre. Dans une conférence de presse tenue hier, M. Ahmed Néjib Chebbi a déclaré que son parti, le PDP, n'entendait pas respecter cette interdiction. Or, de son point de vue, il ne s'agit pas d'enfreindre une disposition qui a force de loi mais de dénoncer l'illégalité de cette même disposition. La secrétaire générale du parti, Mme Maya Jeribi, ainsi que M. Chebbi, l'auteur des déclarations, étant tous les deux injoignables hier en fin de journée, M. Taïeb Houidi, membre du bureau exécutif, a bien voulu nous apporter des éclaircissements. Il s'explique sur ce point en insistant sur trois éléments.
Tout d'abord, fait-il valoir, il n'y a aucun texte de loi qui fixe le nombre de jours, avant le lancement de la campagne électorale, à partir duquel cette interdiction devrait entrer en vigueur. D'autre part, le texte auquel il est fait référence pour justifier cette interdiction est un texte qui n'a pas été promulgué par le Président de la République et qui, par conséquent, n'a pas force de loi. Enfin, cette interdiction, qui apparaît dans un texte de façon tardive, ne tient pas compte du fait que les partis ont engagé un programme à l'avance en vue de se faire connaître : "C'est comme si, un peu avant la mi-temps d'un match, on décidait que la fin de la partie serait sifflée à la mi-temps !" Ce qui signifie que les programmes de publicité ont été lancés sur la base ou en considération d'un premier texte, lui-même effectif, et en vertu duquel cette publicité serait interrompue avec le lancement officiel de la campagne électorale. Le second texte qui, selon notre interlocuteur, n'a pas force de loi, viendrait donc modifier la donne alors que les engagements sont pris et les programmes ficelés.
Notons par ailleurs que le PDP n'est pas seul à avoir décidé de ne pas respecter l'interdiction. La même position se retrouve exprimée par l'Union patriotique libre (UPL).
Cette mesure d'interdiction n'est-elle pas, malgré tout, en faveur d'une certaine équité entre les partis, par delà toute considération juridique ? Pour M. Houidi, le contexte actuel d'indécision d'une grande partie des électeurs voudrait que le gouvernant donne à l'ensemble des partis la possibilité et les moyens de se faire connaître, au lieu d'imposer le silence à tous. "C'est un nivellement par le bas ! Il nous est demandé de ne pas expliquer notre programme : c'est insensé !"
M. Houidi enfonce le clou en dénonçant la peur qui est suscitée au sein des organes de presse en cas de manquement à la règle de l'interdiction : "Nous en reparlerons !"
Auteur : Raouf SEDDIK
Ajouté le : 13-09-2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire