Editorial
Cercle vicieux
Les menées des salafistes se multiplient, surtout à l’intérieur du pays, toujours aussi audacieuses et surprenantes... Les scènes qui sont rapportées sont celles d’individus ayant des velléités d’imposer à la société tunisienne un ordre religieux ancien, pour lequel ils sont prêts à user de différentes formes de violence et qui n’hésitent pas à passer à l’action.
Tout cela, en réalité, n’a rien de nouveau. Ce qui est plus digne d’attention, c’est la façon très sereine avec laquelle les autorités envisagent ces débordements, et qui tranchent énormément avec les craintes grandissantes qui semblent gagner de larges portions de la population... D’aucuns en viennent à dire que le parti Ennahdha mène à travers ces bandes une politique détournée de mise au pas du pays, de mise à l’ordre de la charia, et ce, derrière un discours qui prétend officiellement le contraire. Cette lecture est possible mais n’est sans doute pas la seule. Le fait est que le parti Ennahdha a lui-même intérêt à ce que les mouvances radicales de l’islamisme apportent à l’opinion publique la preuve de leur non-viabilité sur le plan politique. Il y a même une urgence dans ce sens, dans la perspective du prochain congrès d’Ennahdha. Comment renforcer le camp des pragmatistes sans laisser les extrémistes donner le spectacle de leurs dérapages et de leurs excès ? Comment rallier les suffrages parmi les partisans islamistes sans laisser prendre forme un repoussoir, un anti-modèle de ce que peut et doit être une gestion qui allie la référence à l’islam et l’obligation de raison ? On voit donc les dividendes de cette violence pour le parti islamiste lui-même, ou du moins pour son aile modérée.
Le hic de cette situation, c’est que si le parti Ennahdha a intérêt, pour ses besoins internes, à ce que ces dérapages aient lieu et que, d’autre part, les partis d’opposition ne se privent pas, de leur côté, de tirer tout le bénéfice politique de la situation en vue de montrer ce qu’il en coûte au pays de faire le choix de l’islam politique comme mode de gestion du pays, alors il y a à craindre que la volonté ne puisse pas se rendre présente afin de mettre un terme à cette situation. Derrière les dénégations et les protestations devant les caméras et les tribunes, il y a une sorte de complicité secrète et d’alliance objective pour faire durer le «plaisir», si l’on ose ainsi parler... Or la situation en question comporte des conséquences franchement très néfastes. Il est clair qu’elle suscite un état d’incertitude sur l’avenir du pays qui pèse sur les possibilités de la relance économique et qui entrave les intentions d’investissement. Nous sommes dans un cercle vicieux qui aggrave le problème de l’emploi et qui prolonge les conditions de la misère : a-t-on le droit de jouer avec cela pour des intérêts politiques ?
Tout cela, en réalité, n’a rien de nouveau. Ce qui est plus digne d’attention, c’est la façon très sereine avec laquelle les autorités envisagent ces débordements, et qui tranchent énormément avec les craintes grandissantes qui semblent gagner de larges portions de la population... D’aucuns en viennent à dire que le parti Ennahdha mène à travers ces bandes une politique détournée de mise au pas du pays, de mise à l’ordre de la charia, et ce, derrière un discours qui prétend officiellement le contraire. Cette lecture est possible mais n’est sans doute pas la seule. Le fait est que le parti Ennahdha a lui-même intérêt à ce que les mouvances radicales de l’islamisme apportent à l’opinion publique la preuve de leur non-viabilité sur le plan politique. Il y a même une urgence dans ce sens, dans la perspective du prochain congrès d’Ennahdha. Comment renforcer le camp des pragmatistes sans laisser les extrémistes donner le spectacle de leurs dérapages et de leurs excès ? Comment rallier les suffrages parmi les partisans islamistes sans laisser prendre forme un repoussoir, un anti-modèle de ce que peut et doit être une gestion qui allie la référence à l’islam et l’obligation de raison ? On voit donc les dividendes de cette violence pour le parti islamiste lui-même, ou du moins pour son aile modérée.
Le hic de cette situation, c’est que si le parti Ennahdha a intérêt, pour ses besoins internes, à ce que ces dérapages aient lieu et que, d’autre part, les partis d’opposition ne se privent pas, de leur côté, de tirer tout le bénéfice politique de la situation en vue de montrer ce qu’il en coûte au pays de faire le choix de l’islam politique comme mode de gestion du pays, alors il y a à craindre que la volonté ne puisse pas se rendre présente afin de mettre un terme à cette situation. Derrière les dénégations et les protestations devant les caméras et les tribunes, il y a une sorte de complicité secrète et d’alliance objective pour faire durer le «plaisir», si l’on ose ainsi parler... Or la situation en question comporte des conséquences franchement très néfastes. Il est clair qu’elle suscite un état d’incertitude sur l’avenir du pays qui pèse sur les possibilités de la relance économique et qui entrave les intentions d’investissement. Nous sommes dans un cercle vicieux qui aggrave le problème de l’emploi et qui prolonge les conditions de la misère : a-t-on le droit de jouer avec cela pour des intérêts politiques ?
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