vendredi 25 mai 2012


Editorial

Evidente faiblesse

Il est certes regrettable que, au moment où l’on observe chez nous une relance de l’investissement, en même temps que des prémices fort encourageantes sur le front du tourisme et de l’agriculture, les agences de notation publient des informations qui sont de nature à susciter, sinon la méfiance, du moins la circonspection. On ne peut en effet s’empêcher de penser que le moment est mal choisi. Certes, on pourrait arguer ici que les agences de notation, malgré tout le sérieux qu’on peut leur reconnaître, ne sont pas à l’abri de mauvaises appréciations. On a largement eu l’occasion de le relever après le déclenchement de la crise des subprimes aux Etats-Unis, avec l’avalanche des faillites bancaires qu’elle a entraînées dans son sillage aux quatre coins du monde. Un moment de «myopie» de la part de ces agences qu’on n’est pas près d’oublier... D’aucuns pourraient considérer qu’il s’agit cette fois de l’erreur inverse, en ce sens que le contexte révolutionnaire de la Tunisie n’est pas assez pris en considération par le système d’évaluation... La Tunisie se donne le temps de prendre ses nouvelles marques et il est assez normal que la période d’instabilité et de faible visibilité se prolonge.
En outre, on doit rappeler que le secteur industriel, fortement tributaire des exportations, continue de subir le contrecoup d’une situation très dégradée dans la zone Euro... Il y a un problème de raréfaction des ressources et, à vrai dire, l’agitation sociale n’arrange rien, au contraire. Une telle situation peut se prêter, ensuite, à des entorses dans la gestion de la dette. Ce qui, il faut le souligner, est de très mauvais augure...
Mais, cela dit, on doit souligner aussi que, quelles que soient les circonstances particulières par lesquelles on passe, il est toujours possible de dissiper le flou à l’adresse des acteurs économiques, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur. La force d’un pays est précisément de savoir traverser des zones de turbulence en maintenant clair le cap que l’on a choisi et la manière dont on manœuvre pour le maintenir. Il y a des signaux forts à produire qui indiquent sans ambiguïté que le gouvernement reste maître de la situation. Parmi ces signaux, des mesures d’austérité au niveau des tenants mêmes du pouvoir, qui ont ainsi à montrer l’exemple face à la vague revendicative... Or c’est très exactement sur ce plan que l’on ne voit pas se dégager de message cohérent et convaincant, qui emporte l’adhésion et qui force la confiance dans l’avenir. Quelles que soient les limites que l’on peut reprocher aux agences de notation, on ne saurait leur tenir rigueur d’avoir la clairvoyance de relever chez nous cette faiblesse, du reste assez patente.
Ajouté le : 25-05-2012

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