Commentaire
Qui sait mieux gérer les affaires de la maison ?
Par Raouf SEDDIK
La question de savoir comment doivent être gérées les ressources naturelles du pays est une question qui, non seulement intéresse le peuple, mais constitue l’un des thèmes majeurs à travers lesquels s’affirme et prend sens l’implication populaire dans l’administration des affaires publiques. On ne conçoit pas que l’expérience démocratique se développe chez nous et prenne racine si, sur cette question de la gestion des ressources, les décisions continuent d’être prises dans le secret de sombres bureaux.
L’Etat a toujours de bonnes raisons qui, pense-t-il, l’autorisent à agir seul : les nécessités du développement et de la création de l’emploi. Et si les caisses sont mises à mal par la situation chaotique du pays, la tentation est d’autant plus grande d’opter pour cette démarche... Mais une telle attitude ne peut plus être acceptée aujourd’hui !
Est-il normal, par exemple, que l’on sache si peu de choses sur le projet d’exploitation du gaz de schiste sur notre sol ? Il n’est pas question d’emboîter le pas aux écologistes européens qui ont réussi à chasser de chez eux les compagnies spécialisées. Chacun sait très bien que l’écologie et ses revendications sont en grande partie un sport de riches, si on ose dire... Et qu’il ne s’agit pas pour nous, pays du Sud, d’ignorer le besoin cruel que nous avons en termes de revenus additionnels. Mais cela ne doit pas non plus nous faire ignorer les critiques que l’on adresse à cette option d’exploitation... Critiques qui sont essentiellement les suivantes : mobilisation de grandes quantités d’eau pour chasser le gaz piégé dans la roche, utilisation de produits chimiques divers et variés qui sont injectés avec l’eau dans le sous-sol, risque élevé de contamination des nappes phréatiques...
Au-delà de ces objections dont on mesurera l’importance pour un pays comme le nôtre, qui peine à assurer l’eau potable aux habitants de certaines régions, le problème est de principe. Voulons-nous une politique de gestion qui consacre la présence de grandes compagnies multinationales et qui consiste à continuer de puiser dans des ressources non renouvelables en accroissant le risque de pollution de notre sous-sol ou voulons-nous une autre politique: une politique qui permette de solliciter davantage les compétences de nos ingénieurs, qui s’ouvre à des expériences de partenariat et de transfert technologique, qui s’insère dans les actions de développement des régions, qui favorise tout un réseau de métiers dans le domaine de la sous-traitance et de l’entretien et, enfin, qui préserve les ressources fossiles tout en évitant la pollution ? Certes, le choix n’est pas toujours aussi simple sur le terrain. Et beaucoup s’empresseront de faire remarquer que la deuxième option est fort louable mais, malheureusement, bien difficile à réaliser... Qu’il faut donc être pragmatique, etc. A quoi il serait possible de répondre que les politiques ambitieuses ont cet avantage sur les autres, quand elles ont fait l’objet d’un consensus, qu’elles sont celles qui rassemblent les volontés et cristallisent les énergies humaines... Sommes-nous sûrs d’avoir épuisé l’éventail des offres qui se présentent sur le marché dans ce domaine ? Ainsi que les aides disponibles telles qu’elles sont prévues par les organisations internationales au titre de l’encouragement aux énergies propres ? Ainsi que les possibilités de coopération qui sont nombreuses ? Mesurons-nous, à l’inverse, l’impact négatif d’une approche, non pas seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan politique, quand le peuple est installé malgré lui dans le rôle du consommateur passif, dont ni le savoir-faire ni la participation ne sont sollicités ?
C’est en gérant nous-mêmes les ressources de la maison Tunisie que nous saurons le faire dans le souci du bien de ses habitants. L’Etat ne doit pas, au nom de ses urgences, se détourner d’un impératif si essentiel : il doit au contraire aider à ce que le peuple le prenne à son compte.
La question de savoir comment doivent être gérées les ressources naturelles du pays est une question qui, non seulement intéresse le peuple, mais constitue l’un des thèmes majeurs à travers lesquels s’affirme et prend sens l’implication populaire dans l’administration des affaires publiques. On ne conçoit pas que l’expérience démocratique se développe chez nous et prenne racine si, sur cette question de la gestion des ressources, les décisions continuent d’être prises dans le secret de sombres bureaux.
L’Etat a toujours de bonnes raisons qui, pense-t-il, l’autorisent à agir seul : les nécessités du développement et de la création de l’emploi. Et si les caisses sont mises à mal par la situation chaotique du pays, la tentation est d’autant plus grande d’opter pour cette démarche... Mais une telle attitude ne peut plus être acceptée aujourd’hui !
Est-il normal, par exemple, que l’on sache si peu de choses sur le projet d’exploitation du gaz de schiste sur notre sol ? Il n’est pas question d’emboîter le pas aux écologistes européens qui ont réussi à chasser de chez eux les compagnies spécialisées. Chacun sait très bien que l’écologie et ses revendications sont en grande partie un sport de riches, si on ose dire... Et qu’il ne s’agit pas pour nous, pays du Sud, d’ignorer le besoin cruel que nous avons en termes de revenus additionnels. Mais cela ne doit pas non plus nous faire ignorer les critiques que l’on adresse à cette option d’exploitation... Critiques qui sont essentiellement les suivantes : mobilisation de grandes quantités d’eau pour chasser le gaz piégé dans la roche, utilisation de produits chimiques divers et variés qui sont injectés avec l’eau dans le sous-sol, risque élevé de contamination des nappes phréatiques...
Au-delà de ces objections dont on mesurera l’importance pour un pays comme le nôtre, qui peine à assurer l’eau potable aux habitants de certaines régions, le problème est de principe. Voulons-nous une politique de gestion qui consacre la présence de grandes compagnies multinationales et qui consiste à continuer de puiser dans des ressources non renouvelables en accroissant le risque de pollution de notre sous-sol ou voulons-nous une autre politique: une politique qui permette de solliciter davantage les compétences de nos ingénieurs, qui s’ouvre à des expériences de partenariat et de transfert technologique, qui s’insère dans les actions de développement des régions, qui favorise tout un réseau de métiers dans le domaine de la sous-traitance et de l’entretien et, enfin, qui préserve les ressources fossiles tout en évitant la pollution ? Certes, le choix n’est pas toujours aussi simple sur le terrain. Et beaucoup s’empresseront de faire remarquer que la deuxième option est fort louable mais, malheureusement, bien difficile à réaliser... Qu’il faut donc être pragmatique, etc. A quoi il serait possible de répondre que les politiques ambitieuses ont cet avantage sur les autres, quand elles ont fait l’objet d’un consensus, qu’elles sont celles qui rassemblent les volontés et cristallisent les énergies humaines... Sommes-nous sûrs d’avoir épuisé l’éventail des offres qui se présentent sur le marché dans ce domaine ? Ainsi que les aides disponibles telles qu’elles sont prévues par les organisations internationales au titre de l’encouragement aux énergies propres ? Ainsi que les possibilités de coopération qui sont nombreuses ? Mesurons-nous, à l’inverse, l’impact négatif d’une approche, non pas seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan politique, quand le peuple est installé malgré lui dans le rôle du consommateur passif, dont ni le savoir-faire ni la participation ne sont sollicités ?
C’est en gérant nous-mêmes les ressources de la maison Tunisie que nous saurons le faire dans le souci du bien de ses habitants. L’Etat ne doit pas, au nom de ses urgences, se détourner d’un impératif si essentiel : il doit au contraire aider à ce que le peuple le prenne à son compte.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire