C’est une coutume dont on n’est pas près de se départir : on veut parler de celle qui consiste à avoir toujours à redire sur tout ce qui se fait et à laisser entendre que nos travers ont décidément la vie dure. Les médias ne sont bien sûr pas épargnés : et peut-être est-ce très bien ainsi. Cela nous préserve de l’autosatisfaction. Mais enfin cela doit-il nous mener jusqu’à nier le fait que des initiatives positives sont prises par les uns ou les autres dans le secteur ? A contester par exemple que les espaces de nombreux organes se sont transformés en forums grâce auxquels les questions du jour sont explicitées au citoyen… Du reste, les historiens le diront certainement : le Tunisien a fait plus au cours de ces toutes dernières semaines pour se forger une culture politique qu’il n’a fait pendant de longues années. Et les médias, dans ce processus, ont joué leur rôle : on peut difficilement le nier.
Qui pouvait parmi nous, il n’y a pas si longtemps, se targuer de connaître les vertus du scrutin de liste par rapport au scrutin uninominal ou de comprendre les qualités et les défauts du scrutin majoritaire et du scrutin proportionnel selon les contextes politiques. Et même s’il y a encore du chemin à faire, il nous reste du temps avant de parachever l’assimilation par les esprits de nos concitoyens de ces subtilités.
Oui, les médias jouent leur rôle pédagogique, quelles que soient les tares qu’ils peuvent continuer de traîner par ailleurs. Et le passage remarqué sur l’une des chaînes de télévision du décidément très sympathique Abdelfattah Mourou illustre cela d’une autre manière. On aura appris à cette occasion que les représentants de l’Islam politique ont des profils très divers… Tellement divers que les idées préconçues en prennent un sacré coup… Chanter la 9e de Beethoven dans la langue d’origine, qui l’eut cru d’un adepte du courant islamiste !
Auteur : R.S.
Ajouté le : 30-03-2011
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