C’est dans la dernière ligne droite que nous nous engageons aujourd’hui avec ce processus de transition démocratique qui doit déboucher sur des élections et, immédiatement après, sur la mise en place d’une Assemblée constituante dont le profil politique reflètera la diversité des sensibilités de notre peuple. Désormais, et pendant trois semaines, le coeur du pays va battre au rythme de la campagne électorale officielle. Les médias de service public auront à cœur de prêter leur espace à l’ensemble des listes afin qu’elles s’expriment selon les régles de l’équité fixées par l’Instance supérieure indépendante des élections.
Ils auront à le faire indépendamment de toute considération relative au poids politique supposé de la liste présentée et indépendamment aussi de la question de savoir si le fait de passer telle ou telle liste draine ou non du public, fait monter ou au contraire fait baisser l’audimat s’il s’agit de médias audiovisuels, accroche et séduit le lecteur ou au contraire augmente le risque de le voir «enjamber» les pages politiques s’il s’agit de presse écrite . C’est en tout cas un devoir auquel ces médias s’attellent. Quant aux autres, ceux du secteur privé, ils ne sont pas exemptés de l’obligation d’apporter leur contribution à la bonne marche du jeu démocratique, même si leur vocation, dit-on, est indissociable des considérations de rentabilité. Du moins sont-ils invités à ne pas engager dans leur programmes une «gestion» de la campagne qui serait de nature à fausser le jeu, à bafouer l’exigence de l’équité...
Mais aux uns et aux autres, le rappel peut valoir que si le respect de l’équité est assurément une obligation qui s’impose à tous en cette étape, cela n’est pas suffisant. Il faut, au jour le jour, se remémorer les enjeux et se souvenir qu’au-delà de la mêlée générale à laquelle on va assister à travers les meetings politiques et ces sortes de «castings» sur antenne servis au quotidien, il s’agit en fin de compte de laisser apparaître un certain visage de notre peuple, dans sa vérité. Or il y a des débats qui révèlent et d’autres, stériles ou artificiels, qui occultent. La campagne électorale qui commence aujourd’hui ne sera pas la même selon que nous, médias en général, aurons le souci que tout ce qui s’exprime va dans le sens de cette vérité dont on veut voir le peuple accoucher le 23 octobre ou si, au contraire, nous sommes dominés à l’avance par des visées ou des craintes qui nous détournent de ce souci.
Auteur : Raouf SEDDIK
Ajouté le : 01-10-2011
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