samedi 5 novembre 2011

Editorial / Aïd en sécurité : un souci à partager

LES dernières pluies qui ont arrosé le pays ont été abondantes et elles ont couvert de très larges portions du territoire. Ce qui n’a pas manqué de donner lieu parfois à des situations critiques, surtout aux abords des grands cours d’eau et partout, dans les zones urbaines, où le traitement du problème de l’évacuation des eaux a été bâclé durant toutes ces dernières années.
En cette période post-électorale où, malgré une indéniable continuité de l’Etat, il y a quand même une sorte de flottement dans la gestion de la chose publique, on peut penser que le pays a été quelque peu pris de court. Ce qui, somme toute, n’a rien d’étonnant et ce qui n’a d’ailleurs pas empêché un certain ressaisissement. Toujours est-il que les conditions, en cette période classique de l’Aïd caractérisée par un fort mouvement sur les routes, requiert une attention particulière de la part des usagers. Des routes ont été endommagées, d’autres attendent d’être déblayées, des itinéraires de remplacement se sont imposés ici ou là pour se rendre d’une ville à une autre: tout cela, mêlé au besoin d’arriver vite à destination, peut générer un climat d’insécurité néfaste.
L’Aïd El-Kébir est sans aucun doute une fête très importante dans notre calendrier des célébrations. Chacun sait ce que cette fête représente pour les Tunisiens, qui y trouvent le motif ou l’occasion d’un regroupement et d’un ressourcement familial. Peut-être que cette fête a cette année un goût tout à fait particulier, en ce sens qu’elle survient au lendemain d’un rendez-vous électoral qui, même si ses résultats n’ont pas été au goût de tous– c’est après tout la règle de toute élection – inaugure une ère de vraie démocratie. Quoi qu’on en dise, et quels que soient les problèmes au quotidien auxquels nos concitoyens peuvent faire face, il y a un sentiment de légèreté, une satisfaction qui plane dans les esprits... Non, l’Aïd de cette année n’est pas comme les autres et le sacrifice, en mémoire du geste du Prophète Ibrahim, portera peut-être un accent de grâce rendue...
Il n’en demeure pas moins nécessaire de ne pas gâcher ce moment privilégié par un empressement inconsidéré et un manque de précautions, que ce soit sur les routes ou partout où la prudence est de mise... Que cette fête sonne donc comme un instant de réconciliation et de paix à l’échelle du pays. Elle mérite bien, pour cette raison, un peu de patience et un supplément d’attention afin que rien ne vienne en altérer le goût.

Ajouté le : 05-11-2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire