mardi 8 novembre 2011

Editorial / Partenariat médiatique

PRES de dix mois après la révolution, et quelques jours après un test électoral globalement réussi, la transition démocratique demeure sur la bonne voie, malgré des craintes sur la volonté des acteurs politiques de poursuivre franchement sur la voie tracée... Une vigilance qui est de mise, somme toute, après quelques rendez-vous manqués du pays avec l’aventure démocratique au cours du passé... Mais une vigilance qui ne doit pas proscrire l’optimisme ni interdire d’accorder le bénéfice de la bonne foi à ceux qui assurent qu’ils n’ont pas d’autre projet que de renforcer le jeu démocratique exigé par la révolution.
Toutefois, il est un domaine, stratégique, où non seulement il convient de rester vigilant mais où il s’agit de poursuivre la consolidation de l’édifice, jour après jour. Ce domaine est celui des médias, où les reculs peuvent survenir d’un moment à l’autre, parfois sous couvert même de progrès. On l’a bien vu lorsque certains organes de presse, trop pressés de faire bonne figure en matière d’attitude critique à l’égard des acteurs politiques, ont adopté des comportements qui nuisaient au devoir de neutralité et qui, sans qu’ils s’en rendent compte, portaient atteinte à leur indépendance. D’autres, échaudés par tel rapport récent dont les analyses n’auront pas brillé par leur sens du discernement face aux différentes rubriques et leur esprit particulier, sont peut-être tentés par des attitudes de repli qui ne sont pas non plus la solution...
Bref, l’effort n’est pas à relâcher afin d’ancrer une tradition de défense de la liberté d’expression qui ne soit pas simplement la réponse complaisante à une exigence venue de l’extérieur, mais véritablement l’œuvre collective et passionnante d’un corps de métier qui prend goût à la fois au plein exercice de son travail, sans entraves, et à la responsabilité politique et citoyenne qui est la sienne, surtout en cette phase délicate de notre devenir démocratique.
C’est dans la conscience de l’opportunité à saisir et de l’initiative à préserver que cette œuvre doit être conduite sans relâche, malgré les fautes commises. Et c’est dans cet esprit d’indépendance jalousement gardée autour d’une expérience de liberté qui n’a elle-même de sens que si nous y jouons entièrement le rôle des acteurs principaux que des moments de partage peuvent et doivent d’ailleurs se créer avec d’autres journalistes venus de pays qui ont pu connaître des passages brutaux vers une gestion plus libre de l’information.
C’était le cas récemment avec l’organisation d’un workshop qui a permis de faire connaissance avec l’expérience tchèque. Jusqu’à la révolution de velours, qui a marqué la fin de la dictature communiste dans ce pays, le journalisme était aux ordres, voué à un travail de propagande, que les médias tunisiens ont bien connu, surtout ceux du secteur public. La façon dont les journalistes tchèques ont troqué leurs anciennes habitudes pour de nouvelles, et selon quelles méthodes et quelles trouvailles, tout cela est très certainement une source d’inspiration précieuse.
Ajouté le : 08-11-2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire