Les acteurs des trois partis qui tentent actuellement de s’entendre autour de la composition du prochain exécutif et qui représentent les forces principales sur l’échiquier politique n’ont guère délivré de message qui contredise celui-ci : la rédaction de la prochaine Constitution devra prendre en compte le peuple dans son ensemble, dans la diversité de ses familles politiques. Autrement dit : il n’y aura pas de dictature de la majorité au sein de la Constituante pour imposer une vision de notre Loi fondamentale qui serait l’expression d’un compromis étroit entre les acteurs de cette majorité. Cette disposition d’esprit est sage et exprime la conscience que le texte que l’on s’apprête à mettre au point dans les mois qui viennent servira de référence pour des générations et des générations après nous qui se succéderont sur la terre de ce pays. Le sentiment de la responsabilité historique doit donc être au rendez-vous et transcender la logique partisane.
S’agissant de la formation qui aura à mener la gestion du pays, elle va forcément refléter à la fois le résultat des élections du 23 octobre et, aussi, la nature des négociations menées. Certains partis ont fait le choix stratégique de rester dans l’opposition : ils ne sauraient cumuler l’avantage de la critique de l’action gouvernementale et celui de cette action elle-même. Par la force des choses, ce sont donc les acteurs de la majorité qui vont devoir endosser la responsabilité d’une gestion : en recueillir les bénéfices s’il y a lieu et en subir les critiques s’il y a des faiblesses. Ainsi le veut le jeu démocratique, où la compétition électorale passe de moments de grande intensité à des moments plus paisibles, sans toutefois s’arrêter complètement, à aucun moment.
Il n’en reste pas moins que, même sur ce plan de l’action gouvernementale, les membres de la majorité devront garder à l’esprit que le pays est en situation d’attente critique. Face à certaines urgences, le gouvernement sortant, en mal de légitimité, n’a pas été en mesure d’apporter les réponses de fond qui étaient requises. Les derniers chiffres du chômage sont tout simplement alarmants. Cela signifie que, même si le pays est désormais commandé par une ligne de partage qui sépare une majorité au pouvoir et une opposition qui tient aussi à jouer son rôle propre, il est nécessaire de mobiliser les énergies de la façon la plus large possible pour venir en aide aux régions les plus cruellement atteintes et pour aller au secours des cas les plus urgents.
Savoir faire la part de ce qui relève du jeu politique et de ce qui relève du devoir envers la patrie est en tout cas quelque chose qui ne saurait échapper à la vigilance de notre concitoyen. Qu’on se le tienne pour dit.
Ajouté le : 13-11-2011
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