Editorial
Le message des commissions
LA formation d’une coalition au sein de l’Assemblée constituante regroupant les trois partis arrivés en tête des dernières élections, soit Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol, a fait craindre ici et là, parmi les observateurs de la scène politique, que nous nous acheminions vers un scénario où l’opposition se contenterait de faire de la figuration. Un très mauvais signe, à vrai dire, pour une Constituante qui assume la responsabilité historique de donner le la en matière de vie démocratique en cette période postrévolutionnaire. Le spectre d’une nouvelle dictature s’est même invité dans les esprits: dictature d’une majorité ayant pour elle la légitimité issue des urnes, mais dictature quand même dès lors qu’elle se proposerait de traduire ses positions particulières en lois qui valent pour tous.
La formation il y a quelques jours de deux commissions au sein de l’Assemblée, chargées l’une du règlement intérieur, l’autre de l’organisation provisoire des pouvoirs publics, est en train d’apporter la preuve qu’une telle représentation des choses n’est pas si conforme à la réalité. Nous avons en effet assisté au sein de ces commissions à des votes sur certains points qui laissent apparaître ce qu’on pourrait considérer comme des failles ou des fissures dans la coalition. S’agit-il d’une liberté que se sont octroyés certains membres de ces commissions contre l’avis de la direction de leur parti, d’une forme d’indiscipline donc ? Ou est-ce que cette indiscipline bénéficie secrètement de la bénédiction de leur parti, qui espère à travers elle envoyer un signe à sa base selon lequel l’engagement au sein de la coalition ne vaut pas soumission inconditionnelle ? Il est permis de spéculer à loisir sur le phénomène. Une chose est sûre, la coalition n’est pas à ce point statique et définitive qu’elle dispense le parti le plus fort d’avoir à s’exposer au débat et à faire preuve de compromis...
Bien entendu, les points sur lesquels les discussions ont achoppé au niveau des commissions seront tranchés en séance plénière par les élus de la Constituante, et il est bien possible que l’équilibre initial des forces se recompose à cette occasion... Mais ce qui s’est passé en commissions est un précédent que rien, dans l’absolu, n’empêche de se reproduire en assemblée plénière. De sorte que si la majorité bénéficie bien, semble-t-il, d’une plateforme d’accord qui lui permet de faire avancer les débats et d’adopter des textes, elle n’est nullement exemptée à l’avenir du besoin de reconstituer sans cesse les bases de la plateforme d’accord ni même d’envisager la possibilité de l’élargir à d’autres acteurs pour la renforcer... Ce qui, bien sûr, ne saurait se faire sans concessions et qui est synonyme de mobilité salutaire des alliances et de vivacité des débats.
On attend donc de voir maintenant comment cette sorte de rupture d’équilibre au sein des commissions va pouvoir modifier la physionomie de l’Assemblée et son équilibre des forces.
La formation il y a quelques jours de deux commissions au sein de l’Assemblée, chargées l’une du règlement intérieur, l’autre de l’organisation provisoire des pouvoirs publics, est en train d’apporter la preuve qu’une telle représentation des choses n’est pas si conforme à la réalité. Nous avons en effet assisté au sein de ces commissions à des votes sur certains points qui laissent apparaître ce qu’on pourrait considérer comme des failles ou des fissures dans la coalition. S’agit-il d’une liberté que se sont octroyés certains membres de ces commissions contre l’avis de la direction de leur parti, d’une forme d’indiscipline donc ? Ou est-ce que cette indiscipline bénéficie secrètement de la bénédiction de leur parti, qui espère à travers elle envoyer un signe à sa base selon lequel l’engagement au sein de la coalition ne vaut pas soumission inconditionnelle ? Il est permis de spéculer à loisir sur le phénomène. Une chose est sûre, la coalition n’est pas à ce point statique et définitive qu’elle dispense le parti le plus fort d’avoir à s’exposer au débat et à faire preuve de compromis...
Bien entendu, les points sur lesquels les discussions ont achoppé au niveau des commissions seront tranchés en séance plénière par les élus de la Constituante, et il est bien possible que l’équilibre initial des forces se recompose à cette occasion... Mais ce qui s’est passé en commissions est un précédent que rien, dans l’absolu, n’empêche de se reproduire en assemblée plénière. De sorte que si la majorité bénéficie bien, semble-t-il, d’une plateforme d’accord qui lui permet de faire avancer les débats et d’adopter des textes, elle n’est nullement exemptée à l’avenir du besoin de reconstituer sans cesse les bases de la plateforme d’accord ni même d’envisager la possibilité de l’élargir à d’autres acteurs pour la renforcer... Ce qui, bien sûr, ne saurait se faire sans concessions et qui est synonyme de mobilité salutaire des alliances et de vivacité des débats.
On attend donc de voir maintenant comment cette sorte de rupture d’équilibre au sein des commissions va pouvoir modifier la physionomie de l’Assemblée et son équilibre des forces.
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