mardi 29 novembre 2011





editorial

Médias - société civile : quel partenariat ?


Depuis la révolution du 14 janvier, nous avons assisté à un changement brutal dans la physionomie de la presse nationale. Les langues se sont déliées, les tabous sont tombés et le champ de la liberté d'expression s'est considérablement ouvert. Tant et si bien que l'on a assisté à une sorte de rivalité en matière d'audace, parfois même de culot dans le traitement de sujets qui, dans le passé, exigeaient pour les aborder beaucoup de circonspection et de prudence.
Ce vent de liberté, on s'en est assez vite rendu compte, n'était pas indemne de certains risques de dérapages. C'est un fait qu'une forme de violence peut s'insinuer dans le travail du journaliste, qui peut ensuite se transformer en parti pris systématique en faveur des uns et contre les autres... Du coup, le public en devient perplexe et ne peut plus voir en l'homme de média quelqu'un qui est à son service pour lui apporter une information juste et fiable, ou des analyses réellement éclairantes sur la réalité des événements qui font l'actualité.
A l'approche de la période électorale, des acteurs au sein de la société civile en particulier ont cru utile de mettre en place un dispositif de surveillance, sentant bien que la façon dont les médias tunisiens couvriraient la campagne pourrait comporter des attitudes et des agissements qui seraient en contradiction avec le principe de neutralité et d'équité entre les candidats. Nous avons donc assisté à l'arrivée de ce "monitoring" qui a choisi de s'attarder sur quelques médias en particulier, à titre d'exemples représentatifs, et qui a d'ailleurs produit pas moins de quatre rapports d'évaluation.
De tels rapports sont très certainement précieux en ce qu'ils comportent nombre de remarques sur des écarts dont les médias se sont rendus coupables dans une période critique comme l'est une campagne électorale. Mais force est aussi de constater que ce travail de surveillance a été mené de loin et, d'autre part, que le contenu des rapports eux-mêmes ne saute pas toujours aux yeux par sa pertinence... C'est tellement vrai que l'on pourrait suggérer un travail d'évaluation sur la qualité de ces évaluations.
Mais ce qui est surtout le plus urgent c'est que cet intérêt de la société civile pour le travail des journalistes, qui est une bonne chose, s'exprime dans une logique de plus grande proximité et d'échange, en impliquant des représentants de la profession... Le partenariat est plein de promesses, mais il a besoin de conditions plus appropriées pour traduire tout son potentiel.
Ajouté le 28-11-2011








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