lundi 5 décembre 2011

Editorial

Coopération obligée autour des frontières

LA révolution tunisienne et la révolution libyenne représentent deux parcours très différents, pour cette raison au moins que nous n’avons pas eu chez nous de guerre civile et que le peuple n’a pas eu à prendre les armes pour se libérer de la dictature. Ce n’est pas le cas en Libye et c’est ce qui explique, d’une part, que ce pays voisin et frère fait face aujourd’hui à un problème particulier qui a pour nom désarmement des anciens rebelles et, d’autre part, que la situation à nos frontières libyennes se caractérise par une tension incessante.
Les mesures préventives se sont multipliées ces derniers jours pour mettre fin à des incidents qui mettent en danger la vie de nos gardes frontières et qui constituent une atteinte à l’intégrité territoriale. Il n’est pas exagéré de dire qu’il existe désormais un certain agacement chez le citoyen tunisien qui risque, à la longue, de prendre une tournure néfaste.
Cela ne devrait pourtant pas faire oublier que la lutte des Libyens pour leur liberté renferme les germes d’une amitié nouvelle entre les deux peuples qui vient renforcer les anciennes relations. En outre, l’avenir politique des deux pays voisins les met tous deux face à la nécessité d’un travail en commun dans différents domaines : chaque pays est un chantier pour l’autre, en quelque sorte, et le terrain d’une entraide possible en termes d’initiatives démocratiques et citoyennes. C’est pour cette raison qu’il est si urgent et si important de contenir les tensions et de créer les conditions d’un retour au calme à nos frontières. Ce à quoi on ne saurait parvenir sans le concours des nouvelles autorités libyennes, dont on se félicite de l’engagement récent en vue de prendre ce problème à bras-le-corps et d’apporter leur contribution précieuse à un changement qui s’est trop longtemps fait attendre.
Pour autant, on ne saurait escompter des résultats dans l’immédiat. Les événements qui se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche dans la zone de Sidi Toui sont venus nous rappeler de façon très éloquente que la coopération sécuritaire est un travail qui demande de l’engagement. Et que les autorités des deux pays ont sans doute à apprendre dès maintenant à coordonner leurs actions et à investir dans des initiatives qui leur apportent des résultats concrets, étant entendu que le retour à la normale sur les points de passage de la frontière tuniso-libyenne représente un bénéfice mutuel.
On souhaite en tout cas que les autorités libyennes abordent la situation dans cette optique et que, de part et d’autre, soit engagée une action qui assure les conditions vraiment durables à une circulation fluide et apaisée.
Ajouté le : 05-12-2011

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