dimanche 4 décembre 2011

Editorial

Démocratie du compromis

LA coalition des trois partis arrivés en tête des élections prend le temps de mettre au point son action commune en vue à la fois de gérer le pays durant cette nouvelle période transitoire et de mettre en place les règles qui vont présider aux travaux de rédaction de la nouvelle Constitution. Une certaine impatience s’est fait sentir ces tout derniers jours alors que la situation sécuritaire est devenue tendue à nos frontières côté libyen, que les sit-in se multiplient ici et là et que la situation économique continue d’exhiber ses indicateurs alarmistes. Rappelons à ce propos que le gouvernement provisoire qui est actuellement aux commandes a présenté sa démission depuis plusieurs jours maintenant et qu’il est donc en position de départ. Ce qui contribue à créer un certain vide... Donc une pression aussi sur l’Assemblée constituante afin qu’elle accouche rapidement d’une équipe gouvernementale.
Mais la coalition n’a peut-être pas eu tout à fait tort de prendre le temps qu’il faut pour s’assurer que le départ qu’elle va prendre, en vue d’entamer enfin son travail, ne sera pas un faux départ. En tout cas, l’accord est désormais acquis s’agissant du document qui faisait l’objet des discussions les plus délicates et qui concerne en particulier la définition des attributions respectives du président de la République et du chef du gouvernement. L’on a fixé d’ailleurs pour mardi prochain la séance plénière qui devrait entériner les deux textes devant servir de «petite Constitution» pour cette période. C’est doublement une bonne nouvelle : d’abord parce que cela nous permet de nous rapprocher de la fin de cet intermède gouvernemental dont personne ne doit souhaiter la prolongation, ensuite parce que l’accord conclu entre les membres de la coalition confirme l’aptitude de notre vie politique à gérer l’équation de l’affirmation des tendances politiques dans leurs différences et, d’un autre côté, de leur rapprochement toujours possible autour d’un projet... Une souplesse qui est synonyme de victoire contre le sectarisme idéologique !
Bien entendu, il est dans l’ordre des choses que l’opposition continue ici de jouer son rôle vigilant et, si nécessaire, de tirer la sonnette d’alarme en cas de tel ou tel dérapage. On ne lui contestera pas le mérite, d’ailleurs, d’avoir alerté sur la dérive fâcheuse que constituerait la concentration de l’essentiel du pouvoir exécutif dans les mains d’une seule personne, en l’occurrence le chef du gouvernement. Mais cela ne doit pas empêcher de se réjouir du fait que, moyennant un travail de reformulation des propositions, on soit malgré tout parvenus à surmonter les difficultés et à renouveler la base d’un accord qui devrait permettre de hâter le passage à l’action sur le terrain et à la mise en application du programme commun du prochain gouvernement.
Ajouté le : 04-12-2011

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