dimanche 11 décembre 2011

Editorial

Droits de l’Homme : le message de la Constituante

Poursuite des débats, hier, dans l’enceinte du Parlement qui abrite l’Assemblée constituante : le rythme des travaux a connu une nette accélération, qui tranche avec celui des toutes premières journées. Comme l’engagement en avait été pris la veille par les élus, on en a fini avec la discussion et le vote du projet de loi constitutive portant organisation provisoire des pouvoirs publics.
Mais la journée d’hier coïncidait avec la célébration de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est en tout cas la date qui a été choisie par la Ligue tunisienne des droits de l’homme pour présenter à la Constituante une demande officielle afin que les droits de l’homme fassent partie intégrante de notre prochaine Constitution. Demande qui n’a rien de saugrenu, étant donné que le mouvement profond qui a servi d’impulsion à la révolution tunisienne est lui-même étroitement lié à ce qui forme en même temps la substance des droits de l’Homme : la liberté, la dignité et la solidarité.
Dans différents coins du pays, cet anniversaire a été célébré et vécu de façon nouvelle, sans cet exercice imposé d’hypocrisie politique qui caractérisait de telles manifestations sous l’ancien régime. Mais la plus belle célébration, nous l’avions à travers le spectacle de notre Constituante qui, il ne faut quand même pas l’oublier, consacre la liberté et la dignité conquises du peuple : ce sont ses élus, ses vrais élus, qui discutent sous ses yeux de ce qui est pour l’instant l’organisation provisoire du gouvernement du pays, mais qui est quand même lié à son destin. Ils le font dans la tension parfois, dans la bonne humeur aussi, dans les écarts de langage mêmes et les vives altercations, qui ne sont pas non plus absentes, mais aussi dans les excuses qu’on se présente les uns aux autres quand les propos vont trop loin.
Cet aspect qui porte en lui une note d’humanité résonne également de façon harmonieuse avec l’esprit des droits de l’Homme.
Et puis, on n’aura pas manqué de noter le symbole qu’a pu constituer le spectacle de cette assemblée vivante au sein du monde arabe, au moment où, le président s’étant absenté, il a été remplacé par une femme, qui a pris la responsabilité de diriger les débats... Ceci était, à sa manière, un message de la Tunisie en ce jour dédié aux droits de l’Homme, indépendamment de la question de l’appartenance politique des uns ou des autres.
Ajouté le : 11-12-2011

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