Editorial
Noël et vivre-ensemble
Il est vrai que le style du nouveau président de la République est tel que nous ne sommes pas privés de surprises depuis son investiture. Bien que ses prérogatives soient peu importantes, il exploite à fond la symbolique de la fonction. Ainsi, il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait quelque matière à étonnement. Il faut dire que le style du précédent locataire du Palais de Carthage, M. Foued Mbazaâ, était très différent : tout en calme et en pesanteur, pourrait-on dire. Quant à celui qui était là, avant, inutile de revenir dessus.
Mais le geste qui a marqué la journée d’hier est de ceux qu’il convient de relever : M. Marzouki a adressé à la communauté chrétienne de Tunisie, en son nom et au nom du peuple tunisien, les voeux à l’occasion de la fête de Noël. Accompli dans une sollennité inaccoutumée, ce geste constitue un précédent. On peut d’ailleurs s’attendre à ce que ce même geste se reproduise à l’occasion des fêtes importantes de la communauté juive, dont la présence sur la terre de Tunisie est encore plus ancienne que celle de la communauté chrétienne.
Ce n’est pas faire acte d’inopportune allégeance envers la personne du président de la République que de saluer un tel geste, qui ouvre, d’une façon en tout cas plus franche, l’ère d’une coexistence religieuse. On sait que d’aucuns peuvent y voir une manière habile de contrebalancer une présence désormais massive de l’Islam sur la scène politique. Cette interprétation est possible. Mais elle n’empêche pas de considérer que, en tant que telle, la prise en considération des différentes traditions religieuses qui sont représentées chez nous, même à travers des minorités sans grand poids démographique, est un facteur de bonne santé de notre société. Et que cela est bon à prendre, quelles que soient les intentions qu’on veut bien y déceler par derrière.
Le thème de la diversité a longtemps servi d’argument dans la rhétorique de l’ancien régime : mais cette diversité n’avait jamais la possibilité de s’exprimer de façon vivante, c’est-à-dire de telle sorte que les fêtes religieuses des uns et des autres soient rendues visibles, en dehors de toute logique folklorique et démagogique. Le fait que des fêtes aux couleurs disparates, pour ainsi dire, aient désormais droit de cité, en toute simplicité, est donc un fait que nous devons accueillir et encourager, car il constitue pour la société tunisienne un espace de respiration et de vivre-ensemble.
Mais le geste qui a marqué la journée d’hier est de ceux qu’il convient de relever : M. Marzouki a adressé à la communauté chrétienne de Tunisie, en son nom et au nom du peuple tunisien, les voeux à l’occasion de la fête de Noël. Accompli dans une sollennité inaccoutumée, ce geste constitue un précédent. On peut d’ailleurs s’attendre à ce que ce même geste se reproduise à l’occasion des fêtes importantes de la communauté juive, dont la présence sur la terre de Tunisie est encore plus ancienne que celle de la communauté chrétienne.
Ce n’est pas faire acte d’inopportune allégeance envers la personne du président de la République que de saluer un tel geste, qui ouvre, d’une façon en tout cas plus franche, l’ère d’une coexistence religieuse. On sait que d’aucuns peuvent y voir une manière habile de contrebalancer une présence désormais massive de l’Islam sur la scène politique. Cette interprétation est possible. Mais elle n’empêche pas de considérer que, en tant que telle, la prise en considération des différentes traditions religieuses qui sont représentées chez nous, même à travers des minorités sans grand poids démographique, est un facteur de bonne santé de notre société. Et que cela est bon à prendre, quelles que soient les intentions qu’on veut bien y déceler par derrière.
Le thème de la diversité a longtemps servi d’argument dans la rhétorique de l’ancien régime : mais cette diversité n’avait jamais la possibilité de s’exprimer de façon vivante, c’est-à-dire de telle sorte que les fêtes religieuses des uns et des autres soient rendues visibles, en dehors de toute logique folklorique et démagogique. Le fait que des fêtes aux couleurs disparates, pour ainsi dire, aient désormais droit de cité, en toute simplicité, est donc un fait que nous devons accueillir et encourager, car il constitue pour la société tunisienne un espace de respiration et de vivre-ensemble.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire