Editorial
L’équation délicate de la relance
NOUS voici donc arrivés à ce moment tant attendu où l’Etat est en position de reprendre les choses en main et d’agir afin de changer l’ordre des choses sur le terrain. L’affaire est loin d’être simple puisque les revendications repartent en ce moment de plus belle, malgré les appels lancés par le nouveau président de la République. Le secteur public, on le sait, ne pourra pas à lui seul relancer la locomotive de l’économie : son rôle est d’appoint. M. Hamadi Jebali, chef du gouvernement, a annoncé dans son programme de gouvernement que l’Etat créerait quelque 20.000 emplois durant l’année qui vient. Cela est sans doute un point positif, à condition bien sûr de s’en donner les moyens réels et de traduire cette vague attendue de recrutements en une amélioration de la qualité du service public en général, et non en une charge supplémentaire pour le budget. L’allocution du chef du gouvernement fait aussi référence à la possibilité de recueillir des investissements de l’étranger, qui seraient un précieux appoint. Un souhait auquel il reste cependant à créer les conditions favorables car, pour l’instant, les échos sont ceux d’usines étrangères qui, de guerre lasse, mettent la clé sous le paillasson.
L’équation est simple : comment redonner au pays son attractivité économique, non seulement pour les investisseurs nationaux, dont beaucoup ont été échaudés par les événements qui ont suivi la révolution, mais aussi pour les investisseurs étrangers. Comment le faire alors que, comme l’a rappelé hier le président Marzouki face aux patrons, le phénomène des sit-ins exprime un besoin de donner libre cours à une tendance entravée pendant si longtemps : celle de contester, de revendiquer et de réclamer des droits dont beaucoup sont légitimes.
Certes, on ne voit pas comment on pourrait dépasser cette situation d’impasse sans une trêve, autour de laquelle tout le monde aurait à se rallier et à laquelle les partenaires sociaux auraient à travailler. Donc à une disposition partagée à réfréner ses exigences. Le problème est qu’il ne suffit pas d’en lancer le mot d’ordre. Le risque existe même d’attitudes d’obstination qui maintiendraient la situation du pays dans un statu quo aux perspectives déplorables.
Le problème demeurera compliqué tant qu’une partie de la société se sentira seule à faire des sacrifices, ou qu’on exigerait d’elle qu’elle en fasse plus que les autres... La bonne alchimie du moment consiste, en réalité, à réaliser cet équilibre dans le sacrifice consenti qui fait que, tout d’un coup, ce dernier est accepté volontiers, de bon coeur, et avec du coeur à l’ouvrage en prime. Ce moment, il ne semble pas qu’on y soit parvenu : face à ce pouvoir dont on a tant attendu la venue, l’heure est aux exigences, et à l’écoute...
L’équation est simple : comment redonner au pays son attractivité économique, non seulement pour les investisseurs nationaux, dont beaucoup ont été échaudés par les événements qui ont suivi la révolution, mais aussi pour les investisseurs étrangers. Comment le faire alors que, comme l’a rappelé hier le président Marzouki face aux patrons, le phénomène des sit-ins exprime un besoin de donner libre cours à une tendance entravée pendant si longtemps : celle de contester, de revendiquer et de réclamer des droits dont beaucoup sont légitimes.
Certes, on ne voit pas comment on pourrait dépasser cette situation d’impasse sans une trêve, autour de laquelle tout le monde aurait à se rallier et à laquelle les partenaires sociaux auraient à travailler. Donc à une disposition partagée à réfréner ses exigences. Le problème est qu’il ne suffit pas d’en lancer le mot d’ordre. Le risque existe même d’attitudes d’obstination qui maintiendraient la situation du pays dans un statu quo aux perspectives déplorables.
Le problème demeurera compliqué tant qu’une partie de la société se sentira seule à faire des sacrifices, ou qu’on exigerait d’elle qu’elle en fasse plus que les autres... La bonne alchimie du moment consiste, en réalité, à réaliser cet équilibre dans le sacrifice consenti qui fait que, tout d’un coup, ce dernier est accepté volontiers, de bon coeur, et avec du coeur à l’ouvrage en prime. Ce moment, il ne semble pas qu’on y soit parvenu : face à ce pouvoir dont on a tant attendu la venue, l’heure est aux exigences, et à l’écoute...
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