Est-ce le nouveau profil de notre paysage médiatique? à partir d’un mot, prononcé en langue arabe, et dont on a donné une traduction somme toute contestable, une affaire s’est constituée qui a défrayé la chronique durant la journée d’hier. Ce mot, c’est «indimej» et il a été prononcé par le président de la République lors de son déplacement en Libye... Fallait-il le traduire par «fusion» et nous ramener quelques décennies en arrière, à l’époque bourguibienne où la Tunisie et la Libye étaient sur le point de lier leurs destins, ou ne fallait-il pas plutôt le traduire, beaucoup plus simplement, par «intégration» ? Il est étrange de voir qu’alors que la seconde traduction semble de loin la plus correcte et la plus plausible, c’est la première qui a prévalu, donnant lieu à force développements et commentaires, aussi bien sur la question de l’opportunité d’une telle opération entre les deux pays que sur celle des prérogatives du président de la République...
Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ! C’est exactement la même chose pour l’espace médiatique. Avec ce risque, bien sûr, qu’on finisse un jour par perdre le sens de ce qui est réellement grave dans les déclarations de nos hommes politiques. C’est là une responsabilité de nos médias que de ne pas faire perdre aux événements leur vrai sens en cherchant à imposer celui qu’ils jugent à même de combler le vide, même de façon quelque peu artificielle...
Mais, ayant précisé cela, il n’est pas sûr que la sphère politique ne soit pas elle-même de la partie pour pousser parfois à des imbroglios. On peut en tout cas se poser la question. On peut considérer par exemple que M. Marzouki aurait pu préciser de quelle nature est l’«indimej» dont il parle : le laisser sans adjectif ouvre des champs sémantiques riches en interprétations. Quoique, dans le cas d’espèce, le contexte offrait peu de possibilités en matière d’extrapolations politiques : le propos était en effet celui de la coopération économique...
Certaines parties du côté de l’opposition, c’est de bonne guerre, peuvent aussi avoir intérêt à mettre en relief l’audace politique et diplomatique du présidentiel, question de mettre à l’épreuve l’alliance qui unit M. Marzouki à ses partenaires de la coalition... Des échos se font déjà entendre selon lesquels quelques humeurs s’expriment de ce côté.
Quoi qu’il en soit et quelque hypothèse qu’on adopte, il ne devrait pas y avoir autant de bruit sur la base d’une traduction aussi tirée par les cheveux... et qui ne fait guère honneur à notre connaissance et de la langue arabe et de la langue française.
Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ! C’est exactement la même chose pour l’espace médiatique. Avec ce risque, bien sûr, qu’on finisse un jour par perdre le sens de ce qui est réellement grave dans les déclarations de nos hommes politiques. C’est là une responsabilité de nos médias que de ne pas faire perdre aux événements leur vrai sens en cherchant à imposer celui qu’ils jugent à même de combler le vide, même de façon quelque peu artificielle...
Mais, ayant précisé cela, il n’est pas sûr que la sphère politique ne soit pas elle-même de la partie pour pousser parfois à des imbroglios. On peut en tout cas se poser la question. On peut considérer par exemple que M. Marzouki aurait pu préciser de quelle nature est l’«indimej» dont il parle : le laisser sans adjectif ouvre des champs sémantiques riches en interprétations. Quoique, dans le cas d’espèce, le contexte offrait peu de possibilités en matière d’extrapolations politiques : le propos était en effet celui de la coopération économique...
Certaines parties du côté de l’opposition, c’est de bonne guerre, peuvent aussi avoir intérêt à mettre en relief l’audace politique et diplomatique du présidentiel, question de mettre à l’épreuve l’alliance qui unit M. Marzouki à ses partenaires de la coalition... Des échos se font déjà entendre selon lesquels quelques humeurs s’expriment de ce côté.
Quoi qu’il en soit et quelque hypothèse qu’on adopte, il ne devrait pas y avoir autant de bruit sur la base d’une traduction aussi tirée par les cheveux... et qui ne fait guère honneur à notre connaissance et de la langue arabe et de la langue française.
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