La Presse — Le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, a donné une conférence de presse hier soir, au terme d’une journée au cours de laquelle il a notamment rencontré le président de la République par intérim, le Premier ministre ainsi que le ministre des Affaires étrangères. Cela se passait dans un hôtel de la zone touristique de Raoued. Auparavant, le secrétaire général des Nations- unies avait eu une rencontre avec des représentants de la société civile à qui il avait délivré le message selon lequel c’est à eux que revenait la charge de garder vivant le rêve de la révolution.
Rappelons que la visite de Ban Ki-moon était prévue pour le week-end dernier : l’actualité libyenne en a décidé autrement.
"J’ai voulu être ici parmi vous, où tout a commencé, pour vous exprimer ma solidarité et offrir mon soutien" : le mot d’introduction par lequel la conférence de presse a commencé ne manquait pas de lyrisme. Il y a été question de l’acte héroïque de Mohamed Bouazizi – "aussi tragique que source d’inspiration" — en tant que réponse à un crime contre la "dignité humaine" : "Son cri a résonné si largement que la Tunisie… et le reste du monde arabe… ne seront plus jamais les mêmes"; de la Tunisie comme modèle pour le monde : "La région a besoin d’une Tunisie prospère et démocratique. Et le monde a besoin d’une région prospère et démocratique, une région dont les dirigeants écoutent leurs peuples"… Ban Ki-moon a terminé son allocution par un appel adressé au peuple tunisien sous forme de vers : montrez-nous comment transformer l’obscurité de la nuit en un phare/Montrez-nous comment faire pousser un jasmin dans un cœur blessé/ Montrez-nous comment transformer nos cœurs en fleurs pour notre patrie/Et un baiser de guérison pour chaque blessure.
Plus concrètement, le secrétaire général des Nations unies a fait part de la disposition de l’organisation qu’il dirige à aider : "Notre expertise couvre l’éventail des défis qui sont devant vous : soutenir les élections; construire des institutions transparentes et dignes de confiance; réduire les inégalités ; promouvoir le développement inclusif et créer des emplois". En cette phase actuelle, un soutien moral s’est déjà manifesté à travers l’encouragement du gouvernement à faire preuve de compromis et à chercher le consensus.
M. Ban Ki-moon a également évoqué la Libye et le rôle joué par la Tunisie pour répondre à la crise humanitaire à ses frontières : "Nous sommes reconnaissants de ce que vous avez fait et nous nous tenons prêts à apporter notre assistance". A propos de l’implication militaire de la communauté internationale contre le régime libyen, il a souligné que la résolution 1973 du Conseil de sécurité visait à "sauver des vies", étant donné que le colonel Gueddafi était en train de tuer son propre peuple… "Je suis confiant que cette situation va se terminer grâce à la résolution 1973", précisera-t-il ensuite en réponse à une journaliste de la salle qui faisait remarquer que des gens continuaient d’être tués en Libye.
L’opération militaire est-elle remise en cause du fait que la Russie demande l’arrêt des frappes, comme le rappelle un journaliste ? Le secrétaire général de l’ONU souligne ici que, une fois qu’une résolution est adoptée, il appartient aux pays membres de coopérer.
M. Ban Ki-moon, comme il l’avait déjà été lors de la rencontre avec les représentants de la société civile, sera interpellé sur la question de la Palestine. En clair, sur le peu d’empressement que l’ONU met à intervenir quand le peuple palestinien subit l’injustice. Sa réponse sera de rappeler que l’organisation qu’il dirige se contente de refléter le niveau d’accord, ou de désaccord, de la communauté internationale sur les problèmes : "Il arrive que les pays membres aient des vues divergentes". Ce qui donne lieu, dira-t-il, à des situations "frustrantes". Mais, dira-t-il encore, l’ONU continue de pousser dans le sens d’une paix juste qui réponde aux droits inaliénables du peuple palestinien.
La situation au Yémen a également été abordée. Le secrétaire général des Nations unies a rappelé sa condamnation de l’usage des tirs à balles réelles contre les manifestants : "Les leaders doivent écouter… Ils ont la responsabilité de protéger les citoyens…"
Auteur : Raouf SEDDIKAjouté le : 23-03-2011
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