Tout le monde a fait un bilan assez catastrophique de la première réunion de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Mais comment ignorer que les conditions dans lesquelles les choses se sont déroulées rendaient presque inévitable une rencontre «explosive» : voilà des gens, en surnombre, qui se connaissent peu ou pas du tout, qui sont appelés à se prononcer ensemble sur des questions qui vont engager, pour beaucoup d’entre eux, leurs chances d’être placés avantageusement dans la perspective de la prochaine élection de la Constituante… Peut-être les a-t-on d’ailleurs encouragés dans leur mauvaise humeur en leur donnant l’impression que les critères de sélection des personnes présentes relèvent d’un certain arbitraire ou qu’ils sont peu pertinents. Cela a été dit et répété par nombre d’entre eux…
Sans doute qu’il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet et qu’une certaine précipitation oblige à faire les choses d’une manière qui n’est pas celle qu’on choisirait si on avait plus de temps pour réfléchir. Mais il est évident aussi qu’un accord politique autour des modalités de l’opération électorale est un accord difficile : on ne peut y parvenir qu’en prenant la mesure de toute la difficulté qui est la sienne. Et si le désordre qui s’est manifesté lors de la première réunion avait servi à cela, c’est malgré tout quelque chose qui est à mettre à son actif.
Cela étant dit, il s’agit désormais de surmonter cette difficulté. Chacun est appelé aujourd’hui, rendez-vous de la seconde réunion, à montrer ce dont il est capable pour faire progresser la discussion et se rapprocher d’un accord final. L’échéance fixée par le Président de la République intérimaire, à savoir la fin du mois en cours, pour arracher un accord n’est pas susceptible de report, car c’est cet accord qui va servir de base aux différents partis pour organiser leurs plans de campagne. Or nous savons tous que le temps qui nous sépare des élections est d’autant plus court que ces partis sont pour la plupart de parfaits inconnus.
En outre, il est important pour tous que, sur le chemin de la transition démocratique, nous puissions franchir de premières étapes et entrer enfin dans une logique de construction qui nous prémunisse contre le sentiment de vertige que provoque toute situation d’immobilité quand l’urgence d’agir se fait pressante.
Ajouté le : 22-03-201
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