Comme un être vivant, toute révolution peut s’essouffler. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les changements salutaires qu’elle permet doivent être accomplis de façon suffisamment rapide : il s’agit de profiter de la vague ! Mais, à côté de cette exigence de célérité, il y en a une autre qui est non moins importante et qui consiste à entretenir la flamme. Or cela se fait essentiellement en réaffirmant la légitimité du mouvement révolutionnaire à travers son rattachement à des luttes qui ont existé dans le passé et qu’il s’agit de rappeler… Au contact d’une autre, la flamme prend de la vigueur !
C’est un fait qu’entre les luttes qui ont mené à libérer le pays du joug colonial et qui lui ont donné la pleine souveraineté et, d’un autre côté, la révolution du 14 janvier, il existe une secrète parenté, sans doute parce que ce qui en constitue le moteur le plus profond est identique : le besoin de se donner à soi-même une vie digne et le refus de la soumission à ce qui flétrit l’humanité en soi par la domination.
Le collectif qui vient de se créer tout récemment, baptisé Front civique pour la démocratie en Tunisie, se présente comme un cadre de mobilisation qui entend défendre les valeurs universelles de notre culture nationale : celles-là mêmes dont le réveil a entraîné le sursaut populaire qui nous a libérés de la dictature et qui font référence à l’engagement collectif dans l’action, à l’égalité et à la coresponsabilité dans la construction d’une œuvre commune, au libre effort loin de toute rhétorique qui tend à minorer le statut du Tunisien comme architecte de son destin avec l’autre Tunisien.
Il est sans doute trop tôt pour juger du nouvel élan que ce Front saura apporter à la révolution afin de l’aider à aller au terme de ce dont elle est porteuse. Mais il est certainement bon signe qu’une telle initiative ait vu le jour. Elle exprime, en effet, le souci citoyen de porter le souffle de la révolution, après avoir été porté par lui !
Auteur : Raouf SEDDIK
Ajouté le : 26-03-2011
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