Editorial
Information ou stratégie de communication
Il est indéniable que les journalistes ont à faire un effort d’appropriation des règles déontologiques dans la pratique quotidienne de leur métier et de prévoir, au niveau de leur organisation professionnelle, les moyens qui permettent d’agir dans les cas où ces règles sont bafouées. Le rôle critiquable, d’autre part, qu’ils ont eu dans le passé, à l’époque de l’ancien régime, les a mis dans une position qui se prête aisément, sinon aux accusations, du moins à la suspicion. Et il n’est peut-être pas plus mal que les choses soient ainsi, car l’image d’une profession qui est au service du citoyen et de son besoin d’information est une image pour laquelle il importe que les uns et les autres se battent, et qu’ils se battent aussi et surtout contre les spectres du passé.
Seulement, que cela ne nous fasse pas non plus oublier que les distorsions dans la répercussion de la réalité ne sont pas toujours de leur fait. D’autres acteurs peuvent jouer aussi un rôle, et un rôle important même. Parmi eux, et cela sera de plus en plus vrai dans l’avenir, les hommes politiques. Pourquoi ? Parce que l’homme politique, dans tout système démocratique normalement constitué, assume une double fonction, qui est toujours difficile à démêler l’une de l’autre : la première renvoie à l’exercice d’une mission officielle qui, à ce titre, requiert d’être couverte et transmise à l’opinion publique en vertu du devoir d’information, tandis que la seconde relève du souci électoral et vise à conférer aux actions du personnage politique en question les attributs qui la rendent éligible à un bonus dans l’opinion... Cela est tellement vrai, d’ailleurs, que nous assistons en ce moment à une sorte de joute de communication entre deux grands protagonistes de la politique nationale, à savoir la présidence de la République et la présidence du gouvernement : une joute dont on se demande d’ailleurs si elle est délibérée ou si elle n’est pas plutôt le fait d’un problème de coordination dans l’agencement du calendrier des conférences de presse.
Le journaliste soucieux de s’acquitter correctement de son travail est parfois perplexe et se demande si on ne le réduit pas au rôle de caisse de résonance au service d’une stratégie de communication politique. Il est d’autant plus perplexe qu’il observe, par ailleurs, que les prérogatives de ces deux acteurs, telles qu’elles ont été définies par la loi relative à l’organisation provisoire des pouvoirs publics, sont assez largement ignorées... Ou disons qu’elles font souvent l’objet d’une interprétation très libre. Ce qui le conforte alors dans l’idée que, premièrement, la logique électoraliste tend à devenir prédominante dans la façon dont chacun définit et assume son propre rôle et, deuxièmement, que le journaliste est appréhendé essentiellement comme moyen permettant de faire parvenir un message politique.
Comment se soustraire à ce jeu sans faillir au devoir d’informer ? Telle est la question ! Mais il est important aussi que les hommes politiques en général sachent qu’ils ont aussi un rôle à jouer dans la mise en place d’un système d’information qui soit sous le signe de la neutralité et de l’honnêteté.
Seulement, que cela ne nous fasse pas non plus oublier que les distorsions dans la répercussion de la réalité ne sont pas toujours de leur fait. D’autres acteurs peuvent jouer aussi un rôle, et un rôle important même. Parmi eux, et cela sera de plus en plus vrai dans l’avenir, les hommes politiques. Pourquoi ? Parce que l’homme politique, dans tout système démocratique normalement constitué, assume une double fonction, qui est toujours difficile à démêler l’une de l’autre : la première renvoie à l’exercice d’une mission officielle qui, à ce titre, requiert d’être couverte et transmise à l’opinion publique en vertu du devoir d’information, tandis que la seconde relève du souci électoral et vise à conférer aux actions du personnage politique en question les attributs qui la rendent éligible à un bonus dans l’opinion... Cela est tellement vrai, d’ailleurs, que nous assistons en ce moment à une sorte de joute de communication entre deux grands protagonistes de la politique nationale, à savoir la présidence de la République et la présidence du gouvernement : une joute dont on se demande d’ailleurs si elle est délibérée ou si elle n’est pas plutôt le fait d’un problème de coordination dans l’agencement du calendrier des conférences de presse.
Le journaliste soucieux de s’acquitter correctement de son travail est parfois perplexe et se demande si on ne le réduit pas au rôle de caisse de résonance au service d’une stratégie de communication politique. Il est d’autant plus perplexe qu’il observe, par ailleurs, que les prérogatives de ces deux acteurs, telles qu’elles ont été définies par la loi relative à l’organisation provisoire des pouvoirs publics, sont assez largement ignorées... Ou disons qu’elles font souvent l’objet d’une interprétation très libre. Ce qui le conforte alors dans l’idée que, premièrement, la logique électoraliste tend à devenir prédominante dans la façon dont chacun définit et assume son propre rôle et, deuxièmement, que le journaliste est appréhendé essentiellement comme moyen permettant de faire parvenir un message politique.
Comment se soustraire à ce jeu sans faillir au devoir d’informer ? Telle est la question ! Mais il est important aussi que les hommes politiques en général sachent qu’ils ont aussi un rôle à jouer dans la mise en place d’un système d’information qui soit sous le signe de la neutralité et de l’honnêteté.
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