jeudi 24 novembre 2011

Editorial / Intermède gouvernemental

ALORS que l’Assemblée nationale constituante entamait hier sa deuxième journée de travaux, l’information est parvenue que le Premier ministre, M. Béji Caïd Essebsi, présentait au président de la République la démission de son gouvernement. Cette démission, qui est bien entendu dans l’ordre logique des choses, a été acceptée et le gouvernement sortant reste donc aux commandes uniquement pour régler les affaires courantes et sans doute pour préparer son propre départ.
Ce geste intervient au moment où les élus de la Constituante, de leur côté, viennent de désigner les deux équipes chargées l’une du règlement intérieur, l’autre du texte final relatif à l’organisation des pouvoirs publics.
Il n’y a donc pas de vacance du pouvoir à la tête de l’Etat, dans la mesure où l’ancien gouvernement est à son poste. Mais ce gouvernement est désormais en position de départ et invite, pour ainsi dire, l’Assemblée constituante à enchaîner avec les autres décisions à prendre qui vont permettre d’installer une nouvelle équipe gouvernementale. La seconde commission nommée aura donc fort à faire pour que, assez rapidement, soit dressé le cadre qui va ensuite rendre possible le choix d’un président de la République par les élus, puis la nomination d’un chef de gouvernement et, enfin, la constitution du gouvernement au complet.
On sait que les tractations qui ont précédé la séance inaugurale ont permis aux trois partis que sont Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol de parvenir à un accord sur l’attribution des différents postes. Ce qui est assurément une tâche en moins pour la Constituante. Mais la répartition des rôles précis du nouvel exécutif et les règles qui vont prévaloir dans leurs relations les uns à l’égard des autres durant cette nouvelle période provisoire, tout cela devra nécessairement faire l’objet d’un débat et s’exposer aux remarques et aux critiques dans l’enceinte de l’Assemblée.
Nous sommes donc maintenant dans un moment d’intermède, pendant lequel un gouvernement attend de faire ses adieux tandis qu’un autre s’empresse d’arriver mais doit obligatoirement passer par la procédure parlementaire. Un moment de passage du témoin qui n’est pas sans susciter une certaine émotion, même si tous les membres de l’ancienne équipe au pouvoir ne sont pas disposés à quitter entièrement la scène publique... C’est de toute façon le cas en ce qui concerne l’actuel Premier ministre, qui se promet de prolonger sa carrière politique en créant un parti…
Ajouté le : 24-11-2011

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