lundi 21 novembre 2011

Editorial / Lever de rideau pour un débat ouvert

A PRES d’un mois des dernières élections, et alors que les tractations se poursuivent entre les partis vainqueurs autour de questions qui ont trait en particulier à la répartition des postes de responsabilité et aux priorités de l’action du prochain gouvernement, on arrive ainsi à la veille du jour fixé pour la séance inaugurale. C’est en effet demain, mardi 22 novembre, qu’a lieu cette séance.
Il aura donc fallu un mois de pourparlers afin de se rendre prêts pour cette échéance. Bien sûr, il faut tenir compte de la période d’hésitation sur la vérité des résultats électoraux. Mais chacun sait que, assez tôt, l’équilibre des forces était globalement dans tous les esprits. Ce qu’il faut pourtant retenir, c’est que les discussions qui auront précédé la séance inaugurale ne sont pas du temps perdu sur le compte des travaux de la Constituante, si l’on considère qu’elles permettront de hâter le travail de cette dernière une fois qu’elle aura été installée dans ses murs. On sait ainsi que la désignation des trois présidents, celui de la République, celui de l’Assemblée constituante et celui du gouvernement est chose acquise, même si l’annonce officielle n’en est pas encore faite...
Bien sûr, et comme certaines voix n’ont pas manqué de le faire remarquer, les discussions qui ont lieu en dehors de l’Assemblée le sont «en catimini» : si elles avaient eu lieu dans l’enceinte même de l’Assemblée, il n’en aurait pas été ainsi! Il faudrait donc faire attention que les travaux de l’Assemblée constituante ne se transforment en une simple procédure de validation par le vote d’accords préalablement confectionnés : la large participation de l’opinion aux débats de la Constituante est un moment fort de l’histoire de la Tunisie et plus particulièrement de l’histoire de l’appropriation par le peuple de sa souveraineté. Il n’est pas question que ce peuple en soit maintenu à l’écart, comme ce fut en grande partie le cas lors de la première Constituante, celle de 1959.
Ce qui se met en place à partir de demain représente une réponse à la révolution du 14 janvier : une réponse et, dans le même temps, la concrétisation politique d’un vaste mouvement populaire qui a exprimé son refus profond du régime précédent et qui a entraîné sa chute. Quelle que soit la physionomie des forces politiques en présence, dès lors surtout qu’il sera question de rédiger les différents articles qui vont composer le texte fondamental sur lequel reposera l’existence politique future de la société tunisienne, on ne saurait faire un autre choix que celui d’un débat à vocation ouverte et participative.

Ajouté le : 21-11-2011

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