Editorial
Le dépit, ça se gère !
Surprenant, en un sens : alors que la nation s’est dotée de ses nouveaux habits, ceux-là mêmes qui reflètent fidèlement la volonté du peuple et qui expriment l’engagement à servir le pays tout entier, et non quelques familles ou quelques régions, le spectre de l’injustice continue de hanter les esprits et de susciter des réactions violentes. Comme si l’ordre nouveau tardait à bien parvenir à la conscience de certains. Comment expliquer sans cela cette explosion de violence à l’annonce de simples résultats de concours, ces locaux saccagés, ce feu qui dévore des bureaux et toute cette atmosphère de panique à laquelle on a assisté dans la région de Gafsa. Et cela alors même que toutes les possibilités existent désormais de contester selon d’autres méthodes, que ce soit par voie de recours administratif, de justice, de presse, de sit-in s’il le faut...
Surprenant, oui ! Mais qu’il soit quand même permis de faire la remarque suivante : chacun sait à quel point la question de l’emploi a pris une dimension dramatique dans ces régions socialement sinistrées. Etait-il sage, dans ces conditions, de traiter le dossier des demandes de recrutement au sein de la Compagnie des phosphates sans prévoir un accompagnement au profit des candidats malheureux dont la situation sociale est délicate, ces candidats qui se voient rester au bord du chemin tandis que leurs voisins sont à la fête, que tout le pays est à la fête avec la démocratie retrouvée ? Non, ce n’était pas sage et cela dénote une erreur d’appréciation psychologique assez manifeste: on n’agit pas de la sorte avec des gens qui ont une boule dans la gorge à cause de longues années de marginalisation sociale et de mépris politique. Il y a des réflexes à adopter, qui ne coûtent pas grand-chose et qui épargnent des colères terribles et très coûteuses.
Pourquoi oublie-t-on que les régions du pays qui ont été laissées pour compte dans le passé ont besoin certes d’emplois mais aussi et avant tout de considération ? En vérité, il n’est pas si surprenant que cela d’assister à ces débordements, qu’on déplore bien sûr : le dépit est un mouvement de l’âme qui, par définition, n’est pas rationnel. Il faut simplement savoir ne pas le réveiller. Et, encore une fois, l’atmosphère festive du pays qui voit ses élus désormais rassemblés et se mettant au travail, toute cette euphorie qui traverse le peuple au spectacle des fruits de sa révolution, cela ne fait que rendre plus insupportable le sentiment de celui qui s’estime oublié, injustement oublié...
Surprenant, oui ! Mais qu’il soit quand même permis de faire la remarque suivante : chacun sait à quel point la question de l’emploi a pris une dimension dramatique dans ces régions socialement sinistrées. Etait-il sage, dans ces conditions, de traiter le dossier des demandes de recrutement au sein de la Compagnie des phosphates sans prévoir un accompagnement au profit des candidats malheureux dont la situation sociale est délicate, ces candidats qui se voient rester au bord du chemin tandis que leurs voisins sont à la fête, que tout le pays est à la fête avec la démocratie retrouvée ? Non, ce n’était pas sage et cela dénote une erreur d’appréciation psychologique assez manifeste: on n’agit pas de la sorte avec des gens qui ont une boule dans la gorge à cause de longues années de marginalisation sociale et de mépris politique. Il y a des réflexes à adopter, qui ne coûtent pas grand-chose et qui épargnent des colères terribles et très coûteuses.
Pourquoi oublie-t-on que les régions du pays qui ont été laissées pour compte dans le passé ont besoin certes d’emplois mais aussi et avant tout de considération ? En vérité, il n’est pas si surprenant que cela d’assister à ces débordements, qu’on déplore bien sûr : le dépit est un mouvement de l’âme qui, par définition, n’est pas rationnel. Il faut simplement savoir ne pas le réveiller. Et, encore une fois, l’atmosphère festive du pays qui voit ses élus désormais rassemblés et se mettant au travail, toute cette euphorie qui traverse le peuple au spectacle des fruits de sa révolution, cela ne fait que rendre plus insupportable le sentiment de celui qui s’estime oublié, injustement oublié...
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