lundi 21 novembre 2011

Ettakatol joue le suspense

L’accord sur les postes-clés à la tête de l’Etat, donc sur la répartition des trois présidents, à savoir celui de la République, celui de l’Assemblée constituante et celui du gouvernement, a fait l’objet hier de déclarations de la part des intéressés. Ce qui laisse penser que ce volet des négociations entre le Mouvement Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol est une affaire désormais close... Une dépêche de l’agence TAP, citant un membre du bureau politique d’Ennahdha, M. Noureddine Arbaoui, confirme en tout cas la nouvelle qui circulait et dont l’officialisation était «imminente» depuis le début de la semaine : Moncef Marzouki serait président de la République, Hamadi Jebali président du «Conseil des ministres» — selon une dénomination qui laisse deviner le caractère «parlementariste» de cette nouvelle étape et qui confère de larges pouvoirs au chef du gouvernement — et, enfin, Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée constituante. On sait aussi que l’information a été relayée dans les médias par le Congrès pour la République.
Or il s’avère aussi que pour le parti Ettakatol, et même s’il ne nie pas qu’il y ait eu accord sur ce point, l’officialisation n’est toujours pas à l’ordre du jour. L’accord est global ou il n’est pas, laisse entendre M. Mohamed Bannour, porte-parole d’Ettakatol : «Il ne s’agit pas d’annoncer les accords l’un après l’autre... Car qu’arriverait-il si les négociations butaient en chemin ?» Ce qui fait dire au représentant du parti de Mustapha Ben Jaafar que l’annonce faite par Ennahdha est «prématurée» et qu’elle vise à «mettre la pression»...
C’est que les négociations se poursuivent à travers plusieurs commissions sur un ensemble de questions qui ont trait non seulement au reste des postes ministériels à distribuer, mais aussi aux programmes et priorités ainsi, précise M. Bannour, qu’aux «principes et valeurs sur lesquels va reposer le travail». Et il s’agit ici surtout du respect des libertés, en particulier sur cette question qui est devenue un «sujet d’inquiétude», à savoir celle de la «tenue vestimentaire». Mais aussi sur le caractère civil de la République et de ses institutions, la séparation des pouvoirs...
On voit donc qu’Ettakatol tient à montrer que, pour lui, la grande affaire n’est pas que son secrétaire général obtienne le poste de président du Parlement mais qu’il reste attentif à d’autres aspects de l’accord.
A deux jours de l’ouverture des travaux de l’Assemblée constituante, Ettakatol prend donc le parti de maintenir le suspense et, à la question de savoir si l’accord sur les postes-clés pourrait être remis en cause dans l’hypothèse où un accord ne serait pas trouvé sur les autres questions, le porte-parole d’Ettakatol répond : oui, bien sûr ! Mais il se dit en même temps «optimiste» et laisse entendre, par ailleurs, que l’accord global recherché pourrait ne pas intervenir avant le 22 novembre, mais «deux ou trois jours après» la séance inaugurale de la Constituante, considérant que celle-ci aura de toute façon des tâches à remplir, qu’elle ne chômera pas...
Raouf SEDDIK
Ajouté le 20-11-2011

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