mercredi 10 août 2011
Le Tunisien et les partis / Un outil d'aide à la décision
Face à la multiplicité des partis, le citoyen se sent perdu et sa capacité de choisir se trouve comme paralysée. C'est particulièrement vrai chez nous, avec un nombre de partis qui a dépassé la centaine en l'espace de quelques mois. Mais c'est vrai aussi ailleurs, dans d'autres pays où, avec un nombre largement inférieur de partis, le citoyen n'est pas moins dans l'embarras.
C'est en partant de ce constat que l'idée a germé de mettre au point une «boussole électorale» : une boussole qui permet de «se positionner dans le paysage politique». L'idée a donné lieu à quelques expériences, notamment au Canada, en Turquie aussi, et devrait aussi s'inviter bientôt chez nous. C'est ce que que nous révèle M. André Krouwel, hollandais de nationalité, et qui est venu pour mettre en place ce projet en Tunisie... Des universitaires tunisiens ont été contactés pour mettre au point une série de questions, plus d'une trentaine, qui permettraient au citoyen tunisien, une fois qu'il y aura répondu, de savoir de quel parti il est le plus proche, selon le contenu du programme de chacun d'entre eux. Bien entendu, cela se fait devant un écran d'ordinateur : les questions défilent et, à chacune d'entre elles, il s'agit simplement de cliquer sur un des six petits rectangles placés sous l'énoncé de la question : fortement d'accord, plutôt d'accord, ni d'accord ni en désaccord, plutôt en désaccord, fortement en désaccord, ne sais pas.
Le test peut être fait dès à présent sur le modèle canadien, pour se rendre compte du mode de son fonctionnement. Il suffit d'aller sur le site suivant :"http://federal.votecompass.ca/"http://federal.votecompass.ca
Après l'étape des questions sur des thèmes à caractère politique, généralement objet de débat sur la scène publique, vient celle des questions sur les personnalités politiques. C'est en tout cas ce que propose le modèle canadien, mais on peut douter que sa simple transposition soit pertinente ici, étant donné que la grande majorité des chefs de partis sont d'illustres inconnus. Le citoyen devant son ordinateur doit indiquer ensuite, sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau de confiance il place chaque personnalité, à quel niveau aussi de compétence il la situe et, dans quelle mesure il la juge apte à remplir la fonction de premier ministre. Même chose ensuite avec les différents partis, pour dire quelles chances il leur accorde de remporter le scrutin dans la circonscription...
On attend donc de voir prendre forme le modèle tunisien. Il est question d'un lancement un mois avant la date des élections.
Auteur : Raouf SEDDIK
Ajouté le : 10-08-2011
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