Editorial / Faibles arguments
par Raouf Seddik, dimanche 10 février 2013, 19:01 ·
Si
l'on excepte la raison, peu avouable, qui consiste à vouloir garder sa
place au gouvernement quoi qu'il arrive dans le pays, quitte à ce que ce
dernier soit livré à la tourmente plus encore qu'il ne l'est
maintenant, alors la seule raison qui justifie que l'on s'oppose à la
solution d'un gouvernement de compétences est la suivante : recréer une
forme d'entente entre les différents partis autour d'un gouvernement de
consensus. Et c'est bien autour de cette ambition très louable et très
« affichée » que les adversaires de Hamadi Jebali, ou de sa proposition,
continuent le combat.
Cependant, il s'agit de comprendre certaines choses. Tout d'abord, un gouvernement de consensus n'a d'intérêt que s'il regroupe un large spectre du paysage politique.
La crise de légitimité du pouvoir actuel ne cesse de s'aggraver en ce moment, à la fois parce que l'on a dépassé de loin le délai imparti à la première période de transition post 23 octobre 2001, et parce que les résultats de cette même période sont loin d'être reluisants au vu des objectifs de la révolution. Les gens qui nous gouvernent ne contestent pas eux-mêmes que la situation économique et sociale est très préoccupante et ne favorise pas le retour de la croissance. Or l'on ne saurait dépasser cette crise de légitimité en s'adonnant à une opération de rafistolage, à une opération qui consisterait à ramener dans le giron du pouvoir quelques rares petits partis, quelques indépendants glânés ici ou là... Non, un gouvernement de consensus ne serait une vraie solution que s'il n'exclut personne. Et nous savons que c'est sur ce but que toutes les tentatives ont échoué depuis quelque sept mois...
Aussi louable que puisse être une pareille ambition, la question qui se pose à son sujet est celle-ci : non pas « Pourquoi elle ne marche pas ? », mais « Pourquoi devrait-elle marcher ? » Soyons raisonnables. Tous les obstacles sont là : une opposition qui ne veut pas se mouiller et porter plus tard la responsabilité d'un bilan médiocre, un délai qui nous sépare des prochaines élections trop court et qui ne permettrait pas d'infléchir la situation du pays et, surtout, un degré de tension politique - tel qu'il a été attisé par la violence et le crime - qui rend la réconciliation entre les grandes familles politiques extrêmement difficile, pour ne pas dire inenvisageable...
Ces seules considérations devraient amener ceux qui continuent d'invoquer la solution du gouvernement de consensus à un peu plus de retenue. Et l'on est tenté de leur dire : « Ne craignez-vous pas le ridicule, à la fin ? N'est-il pas évident que la seule solution qui vaille est celle qui permettrait de ramener le calme et d'assurer tout simplement que la course pour les prochaines élections puisse se dérouler dans des conditions à peu près normales ? »
En attendant, et malgré la douleur encore vive du deuil, la violence politique n'a pas cessé : elle nous apporte chaque jour son lot d'initiatives funestes.
Cependant, il s'agit de comprendre certaines choses. Tout d'abord, un gouvernement de consensus n'a d'intérêt que s'il regroupe un large spectre du paysage politique.
La crise de légitimité du pouvoir actuel ne cesse de s'aggraver en ce moment, à la fois parce que l'on a dépassé de loin le délai imparti à la première période de transition post 23 octobre 2001, et parce que les résultats de cette même période sont loin d'être reluisants au vu des objectifs de la révolution. Les gens qui nous gouvernent ne contestent pas eux-mêmes que la situation économique et sociale est très préoccupante et ne favorise pas le retour de la croissance. Or l'on ne saurait dépasser cette crise de légitimité en s'adonnant à une opération de rafistolage, à une opération qui consisterait à ramener dans le giron du pouvoir quelques rares petits partis, quelques indépendants glânés ici ou là... Non, un gouvernement de consensus ne serait une vraie solution que s'il n'exclut personne. Et nous savons que c'est sur ce but que toutes les tentatives ont échoué depuis quelque sept mois...
Aussi louable que puisse être une pareille ambition, la question qui se pose à son sujet est celle-ci : non pas « Pourquoi elle ne marche pas ? », mais « Pourquoi devrait-elle marcher ? » Soyons raisonnables. Tous les obstacles sont là : une opposition qui ne veut pas se mouiller et porter plus tard la responsabilité d'un bilan médiocre, un délai qui nous sépare des prochaines élections trop court et qui ne permettrait pas d'infléchir la situation du pays et, surtout, un degré de tension politique - tel qu'il a été attisé par la violence et le crime - qui rend la réconciliation entre les grandes familles politiques extrêmement difficile, pour ne pas dire inenvisageable...
Ces seules considérations devraient amener ceux qui continuent d'invoquer la solution du gouvernement de consensus à un peu plus de retenue. Et l'on est tenté de leur dire : « Ne craignez-vous pas le ridicule, à la fin ? N'est-il pas évident que la seule solution qui vaille est celle qui permettrait de ramener le calme et d'assurer tout simplement que la course pour les prochaines élections puisse se dérouler dans des conditions à peu près normales ? »
En attendant, et malgré la douleur encore vive du deuil, la violence politique n'a pas cessé : elle nous apporte chaque jour son lot d'initiatives funestes.
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