Editorial / Pour des compétences éclairées
par Raouf Seddik, mercredi 13 février 2013, 11:32 ·
JUSQUE-LA
assez discret au sujet de l’initiative du chef du gouvernement, le
parti Ettakatol a mis clairement son poids dans la balance hier, avec
la conférence de presse qu’a donnée le président de l’Assemblée
constituante, Mustapha Ben Jaâfar, par ailleurs secrétaire général
dudit parti. Cette irruption achève d’isoler les tenants d’un
gouvernement politisé, alors que du côté de l’opposition, les voix se
mettent à l’unisson en faveur de Hamadi Jebali.
Quel que soit le poids réel du parti Ettakatol, dont chacun sait qu’il a souffert dans ses rangs de sa participation au pouvoir, il n’en demeure pas moins que, sur le plan de la symbolique, le coup est fort. En effet, on compte désormais, dans l’édifice de l’Etat, deux présidents — contre un seul — qui sont favorables à l’option d’un gouvernement de compétences nationales.
Cette entrée en scène a un impact d’autant plus important que le chef du gouvernement continue d’élargir l’assise en faveur de son initiative: poursuite des consultations avec les représentants des pays amis, formation d’un conseil de 16 sages qui lui sert, pour ainsi dire, de garde rapprochée... de garde morale rapprochée !
Du côté d’Ennahdha et du Congrès pour la République, ou encore du parti Wafa, l’opposition de principe à l’initiative de Jebali s’est transformée globalement en opposition mesurée et en volonté de trouver un compromis. D’où l’idée défendue maintenant d’un panachage entre technocrates et politiques au sein du prochain gouvernement...
Il importe cependant que la dynamique créée par l’inititive de Jebali ne soit pas rompue et que la logique des reports, chassée par la porte, ne puisse plus faire son retour par la fenêtre : le moral des Tunisiens, largement entamé, ne le supporterait pas ! Tout report n’est désormais justifié que parce qu’il s’inscrit dans la construction d’un large consensus, qui répare déjà le tissu politique en rapprochant les uns et les autres autour d’une option partagée, qui débouche sur une feuille de route viable sans casser le rythme imposé.
En ce sens, il faut saluer la position de Jebali, qui continue de maintenir la pression autour de l’échéance qu’il a fixée et l’enjoindre à ne pas céder à ceux qui réclament, pour la énième fois, un délai supplémentaire.
Toutefois, est-ce que cette fermeté nécessite que certaines objections formulées par les adversaires de l’initiative soient ignorées? Des objections existent en effet qui insistent sur le risque que représente un gouvernement de technocrates du point de vue du danger que pourraient faire peser sur la révolution certaines forces occultes. Les technocrates, fait-on valoir, sont efficaces pour traiter des dossiers mais ils n’ont pas le machiavélisme requis pour voir venir les manœuvres hostiles... Soit. Mais qui a dit que compétence rime avec candeur, ou que l’une va nécessairement avec l’autre ? Idée reçue ! La vraie compétence, même si elle n’est pas politiquement engagée, est politiquement éclairée.
Ajouté le : 13-02-2013
Quel que soit le poids réel du parti Ettakatol, dont chacun sait qu’il a souffert dans ses rangs de sa participation au pouvoir, il n’en demeure pas moins que, sur le plan de la symbolique, le coup est fort. En effet, on compte désormais, dans l’édifice de l’Etat, deux présidents — contre un seul — qui sont favorables à l’option d’un gouvernement de compétences nationales.
Cette entrée en scène a un impact d’autant plus important que le chef du gouvernement continue d’élargir l’assise en faveur de son initiative: poursuite des consultations avec les représentants des pays amis, formation d’un conseil de 16 sages qui lui sert, pour ainsi dire, de garde rapprochée... de garde morale rapprochée !
Du côté d’Ennahdha et du Congrès pour la République, ou encore du parti Wafa, l’opposition de principe à l’initiative de Jebali s’est transformée globalement en opposition mesurée et en volonté de trouver un compromis. D’où l’idée défendue maintenant d’un panachage entre technocrates et politiques au sein du prochain gouvernement...
Il importe cependant que la dynamique créée par l’inititive de Jebali ne soit pas rompue et que la logique des reports, chassée par la porte, ne puisse plus faire son retour par la fenêtre : le moral des Tunisiens, largement entamé, ne le supporterait pas ! Tout report n’est désormais justifié que parce qu’il s’inscrit dans la construction d’un large consensus, qui répare déjà le tissu politique en rapprochant les uns et les autres autour d’une option partagée, qui débouche sur une feuille de route viable sans casser le rythme imposé.
En ce sens, il faut saluer la position de Jebali, qui continue de maintenir la pression autour de l’échéance qu’il a fixée et l’enjoindre à ne pas céder à ceux qui réclament, pour la énième fois, un délai supplémentaire.
Toutefois, est-ce que cette fermeté nécessite que certaines objections formulées par les adversaires de l’initiative soient ignorées? Des objections existent en effet qui insistent sur le risque que représente un gouvernement de technocrates du point de vue du danger que pourraient faire peser sur la révolution certaines forces occultes. Les technocrates, fait-on valoir, sont efficaces pour traiter des dossiers mais ils n’ont pas le machiavélisme requis pour voir venir les manœuvres hostiles... Soit. Mais qui a dit que compétence rime avec candeur, ou que l’une va nécessairement avec l’autre ? Idée reçue ! La vraie compétence, même si elle n’est pas politiquement engagée, est politiquement éclairée.
Ajouté le : 13-02-2013
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