mardi 19 février 2013

Editorial / Nouvelle configuration

par Raouf Seddik, lundi 28 janvier 2013, 14:41 ·
Avec la fin des négociations autour d’un hypothétique remaniement ministériel, on enterre donc l’espoir d’un gouvernement d’union nationale, qui se serait attelé à répondre aux urgences du pays tout en préparant les prochaines élections. Dans les jours qui viennent, selon les déclarations du président de l’actuel gouvernement, une nouvelle composition sera proposée à l’Assemblée constituante. A défaut d’un large consensus, on se contentera d’une majorité, et une courte majorité suffira. Le parti Ennahdha va certainement tenter de former une nouvelle coalition, avec ce double souci: intégrer de nouvelles formations, même modestes, ainsi que des indépendants, en affichant de la sorte sa bonne volonté en matière d’ouverture et, d’autre part, s’assurer une nouvelle assise face à une Troïka qui se révèle depuis quelque temps de plus en plus fragile... Le risque, évoqué hier par Béji Caïd Essebsi, d’une chute du gouvernement dans l’hypothèse où l’ANC rejetait la proposition du chef du gouvernement, ce risque n’est pas nul. Mais il y a lieu de penser qu’Ennahdha a assuré ses arrières et qu’elle dispose d’une combinaison lui permettant de recueillir une majorité, le moment venu.
Il faut bien saisir la singularité du contexte politique présent : les partis autres que ceux de la Troïka, même s’ils peuvent regretter de leur côté l’échec de l’initiative d’un gouvernement d’union nationale, ne sont pas non plus fâchés de demeurer dans l’opposition. Et ce, pour des raisons de calcul électoral assez évidentes, vu que les conditions sont difficiles pour accomplir des avancées, en un court laps de temps, sur le plan du développement, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. On ne s’attendra donc pas à des manœuvres importantes pour faire chuter un gouvernement qu’on est plutôt content de laisser aux commandes en cette phase de transition.
Mais que la chute du gouvernement représente une probabilité relativement faible, cela ne signifie pas que les semaines et les mois qui viennent vont perpétuer la même configuration politique au niveau du pouvoir. Non seulement parce qu’Ennahdha tient à marquer un nouveau départ, mais aussi parce qu’un de ses partenaires, Ettakatol, semble de moins en moins d’accord pour continuer à jouer le même rôle. On n’oublie pas que ce parti a fait miroiter la possibilité de se retirer de la Troïka dans le cas où celle-ci échouerait à s’ouvrir aux autres partis politiques : va-t-il opérer un énième repli stratégique pour se maintenir dans un groupe qui lui a déjà tant coûté sur le plan de son assise, ou va-t-il au contraire jouer la carte d’une rupture plus ou moins spectaculaire, dont il escomptera quelques dividendes ? Nous aurons bientôt la réponse à cette question mais, d’ores et déjà, on peut dire que la Troïka est l’ombre d’elle-même.
Ajouté le : 28-01-2013

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