Editorial / Nouvelle configuration
par Raouf Seddik, lundi 28 janvier 2013, 14:41 ·
Avec
la fin des négociations autour d’un hypothétique remaniement
ministériel, on enterre donc l’espoir d’un gouvernement d’union
nationale, qui se serait attelé à répondre aux urgences du pays tout en
préparant les prochaines élections. Dans les jours qui viennent, selon
les déclarations du président de l’actuel gouvernement, une nouvelle
composition sera proposée à l’Assemblée constituante. A défaut d’un
large consensus, on se contentera d’une majorité, et une courte majorité
suffira. Le parti Ennahdha va certainement tenter de former une
nouvelle coalition, avec ce double souci: intégrer de nouvelles
formations, même modestes, ainsi que des indépendants, en affichant de
la sorte sa bonne volonté en matière d’ouverture et, d’autre part,
s’assurer une nouvelle assise face à une Troïka qui se révèle depuis
quelque temps de plus en plus fragile... Le risque, évoqué hier par Béji
Caïd Essebsi, d’une chute du gouvernement dans l’hypothèse où l’ANC
rejetait la proposition du chef du gouvernement, ce risque n’est pas
nul. Mais il y a lieu de penser qu’Ennahdha a assuré ses arrières et
qu’elle dispose d’une combinaison lui permettant de recueillir une
majorité, le moment venu.
Il faut bien saisir la singularité du contexte politique présent : les partis autres que ceux de la Troïka, même s’ils peuvent regretter de leur côté l’échec de l’initiative d’un gouvernement d’union nationale, ne sont pas non plus fâchés de demeurer dans l’opposition. Et ce, pour des raisons de calcul électoral assez évidentes, vu que les conditions sont difficiles pour accomplir des avancées, en un court laps de temps, sur le plan du développement, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. On ne s’attendra donc pas à des manœuvres importantes pour faire chuter un gouvernement qu’on est plutôt content de laisser aux commandes en cette phase de transition.
Mais que la chute du gouvernement représente une probabilité relativement faible, cela ne signifie pas que les semaines et les mois qui viennent vont perpétuer la même configuration politique au niveau du pouvoir. Non seulement parce qu’Ennahdha tient à marquer un nouveau départ, mais aussi parce qu’un de ses partenaires, Ettakatol, semble de moins en moins d’accord pour continuer à jouer le même rôle. On n’oublie pas que ce parti a fait miroiter la possibilité de se retirer de la Troïka dans le cas où celle-ci échouerait à s’ouvrir aux autres partis politiques : va-t-il opérer un énième repli stratégique pour se maintenir dans un groupe qui lui a déjà tant coûté sur le plan de son assise, ou va-t-il au contraire jouer la carte d’une rupture plus ou moins spectaculaire, dont il escomptera quelques dividendes ? Nous aurons bientôt la réponse à cette question mais, d’ores et déjà, on peut dire que la Troïka est l’ombre d’elle-même.
Ajouté le : 28-01-2013
Il faut bien saisir la singularité du contexte politique présent : les partis autres que ceux de la Troïka, même s’ils peuvent regretter de leur côté l’échec de l’initiative d’un gouvernement d’union nationale, ne sont pas non plus fâchés de demeurer dans l’opposition. Et ce, pour des raisons de calcul électoral assez évidentes, vu que les conditions sont difficiles pour accomplir des avancées, en un court laps de temps, sur le plan du développement, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. On ne s’attendra donc pas à des manœuvres importantes pour faire chuter un gouvernement qu’on est plutôt content de laisser aux commandes en cette phase de transition.
Mais que la chute du gouvernement représente une probabilité relativement faible, cela ne signifie pas que les semaines et les mois qui viennent vont perpétuer la même configuration politique au niveau du pouvoir. Non seulement parce qu’Ennahdha tient à marquer un nouveau départ, mais aussi parce qu’un de ses partenaires, Ettakatol, semble de moins en moins d’accord pour continuer à jouer le même rôle. On n’oublie pas que ce parti a fait miroiter la possibilité de se retirer de la Troïka dans le cas où celle-ci échouerait à s’ouvrir aux autres partis politiques : va-t-il opérer un énième repli stratégique pour se maintenir dans un groupe qui lui a déjà tant coûté sur le plan de son assise, ou va-t-il au contraire jouer la carte d’une rupture plus ou moins spectaculaire, dont il escomptera quelques dividendes ? Nous aurons bientôt la réponse à cette question mais, d’ores et déjà, on peut dire que la Troïka est l’ombre d’elle-même.
Ajouté le : 28-01-2013
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire